errance animale (6) Melba, mon chien sauveteur !

Pour ceux qui lisent ce blog depuis un bon moment, vous savez que la cause animale me tient à coeur. Et pour ceux qui ont suivi toutes mes aventures animalières, vous n’ignorez pas que la chienne Melba et les chats Léïa, Ivy, Toffee et Vanille ont tous échappé à la rue et à bien pire.
Mais ce que vous ignorez – et c’est ce à quoi cet article va remédier – c’est que Melba n’est pas une chienne comme les autres. Déjà, elle a comme copines des chats à qui elle fait, à chaque sortie, des bisous « truffe à truffe » !
Peut-être parce qu’elle-même a été sauvée de la rue – et a échappé aux passages du camion de la fourrière – elle se fait un devoir de venir en aide aux autres animaux en détresse. Car Toffee n’a pas été le seul à croiser la route de ce chien au grand coeur.
Suivez-moi, je vais vous raconter les exploits de Miss Melba…

Toffee à la clinique vétérinaire.

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Bilan des nuits sans lumière

La 10ème édition des nuits sans lumière, commencée le 5 avril 2018, a pris fin le 29 avril 2018. Après un mois de nuits plus ou moins obscures – selon les communes, voire les quartiers – les éclairages publics nocturnes sont de retour et l’heure est au bilan.
Petit retour sur ces nuits consacrées à l’envol des jeunes pétrels de Barau.

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Errance animale (5)

Je voudrais vous présenter deux copines à quatre pattes de Melba. Ces deux chattes, qui vivent sur le parking de la résidence ont durant des années mis au monde des chatons qui terminaient invariablement sous les roues des voitures. Certains ont eu de la chance, comme Léïa ou Toffee.
Aimant trop les animaux, pour continuer à assister à ce « massacre » sans rien faire, j’ai décidé de prendre les choses en main.

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Contre l’extinction des pétrels, éteignons les lumières.

  

Cette année, du 5 au 29 avril 2018, aura lieu la 10ème édition des “Nuits sans Lumière”. Presque un mois (au lieu de 10 jours, il y a 4 ans) où les éclairages publics s’éteindront dès 18 heures. Cette opération a pour but de sensibiliser les Réunionnais sur l’impact négatif de la pollution lumineuse.
Les dates ne sont pas choisies au hasard par la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion). Elles correspondent au calendrier prévisionnel d’envol des jeunes pétrels de Barau, c’est-à-dire à la période où ils quittent leur nid pour leur premier vol en direction de la mer. Cette période sensible, qui s’étend de début avril à fin mai, connaît un risque d’échouage très élevé. La SEOR espère que l’extinction des lumières artificielles permettra à la majorité des jeunes pétrels et puffins – petits oiseaux de mer – de gagner l’océan sans encombre.

Ce calendrier montre que la période sensible s’étend de début avril à mi-mai.  La pollution lumineuse étant un fléau pour les pétrels, la SEOR recommande une extinction totale des lumières artificielles durant la période allant du 7 avril au 1er mai.
source : SEOR

Ces oiseaux marins sont sensibles aux points lumineux. Trompés et désorientés par les éclairages urbains qui s’étendent de plus en plus sur le territoire réunionnais, et qu’ils prennent pour le reflet de la Lune sur l’Océan Indien, un grand nombre de jeunes pétrels et de puffins (ainsi que quelques adultes) s’échouent au sol. Une fois tombés par terre et privés de leur promontoire, il leur est impossible – avec leurs grandes ailes – de redécoller seuls. Ils périssent alors de déshydratation, de faim, de prédation (chiens et chats errants), voire d’écrasement sur les axes routiers.

dépliant les nuits sans lumière 2018 (PDF)

Pour compenser cet impact négatif lié aux activités humaines, la SEOR assure le sauvetage de ces oiseaux depuis 1995. Chaque année, la SEOR prend en charge, soigne et relâche entre 2300 et 2800 pétrels et puffins. Depuis novembre 2012, les échouages de ces oiseaux sont pointés de façon très précise par la SEOR dans le logiciel Google Earth, à partir des éléments d’adresse communiqués par les personnes qui trouvent les oiseaux échoués. Si dans les premières années, la SEOR parvenait à géolocaliser 30 à 50 % des échouages, en 2017, ce sont 2183 oiseaux sur les 2773 pris en charge qui ont été géolocalisés avec précision, soit 80 % des échouages. Une meilleure localisation des zones d’échouage permet une prise en charge rapide de l’animal à sauver ainsi que l’identification précise des zones à risques. Ces données ont aussi permis à la SEOR de dresser une carte déterminant avec précision les zones provoquant les échouages.

 

Carte de répartition des échouages des pétrels et puffins pour l’année 2017
source : SEOR

Une étude effectuée par la SEOR, sur les trajectoires des pétrels, permet de constater une corrélation entre les lieux d’échouages massifs des oiseaux et les sites importants de lumière artificielle. Ces données ont permis à la SEOR de faire un bilan des échouages et de classer les communes en fonction d’un niveau d’enjeu écologique. Les communes où l’enjeu écologique est le plus fort font l’objet d’un travail de sensibilisation plus poussé, afin qu’elles puissent cibler – au sein de leur territoire –  les zones où la pollution lumineuse est la plus impactante pour les pétrels.

La superposition de la carte des échouages et de celle des zones de pollution lumineuse met en évidence la corrélation entre éclairages et échouages. 
source : SEOR

Rappelons que ces campagnes d’extinction des lumières artificielles des communes de la Réunion ont pour but de préserver les jeunes d’une espèce menacée d’extinction.

     

Si les oiseaux marins (pétrels, fouquets et puffins) sont les premières victimes de nos trop nombreuses lumières nocturnes, voici d’autres raisons pour vous convaincre d’éteindre les lumières : santé, environnement, économies…

La lumière artificielle a des effets néfastes sur nous : troubles du sommeil, de la concentration, agressivité, diminution de performance… sont quelques-uns des 80 troubles liés à un éclairage excessif. La nuit noire est essentielle à notre rythme biologique.

Les éclairages trop nombreux et mal orientés perturbent le cycle de vie des tortues marines. Les femelles ne viennent plus pondre sur les plages éclairées et les nouveau-nés – qui se guident avec le reflet de la lune sur la mer – sont désorientés par les lampadaires allumés. Ils risquent alors de mourir de déshydratation, de fatigue ou de prédation.

L’île de La Réunion possède une biodiversité riche et unique grâce à des espèces animales endémiques. Or l’éclairage à outrance est nuisible à toutes les espèces animales de l’île (insectes, chauve-souris…). La surmortalité des insectes nocturnes (papillons de nuit, par exemple) a une conséquence directe sur la chaîne alimentaire naturelle et sur la pollinisation de certaines plantes.

La «pollution lumineuse » désigne le halo lumineux généré par la lumière mal orientée et donc perdue. Un fléau pour les astronomes et autres amoureux des étoiles.

S’éclairer coûte cher ! 58 % de la consommation totale d’électricité est imputable à l’éclairage. Une économie de 25 à 50 % sur la facture énergétique globale serait possible si chacune des communes de l’île revoyait la puissance, l’orientation et les horaires de l’éclairage public urbain.

A La Réunion, 65 %  de l’électricité est produite à partir d’énergie fossile qui génère du C02 ( gaz à effet de serre) et contribue au réchauffement climatique. Au niveau mondial, près de 15% de la consommation électrique est destinée à l’éclairage, ce qui représente 5% des gaz à effet de serre.

« Éteignons les lumières inutiles ou dirigées vers le ciel pour favoriser l’envol des jeunes pétrels, la ponte des tortues marines, l’observation du ciel et économiser l’énergie ! »
(slogan de la 10ème édition des Nuits dans Lumière)

Jeune Petit Fouquet, trouvé par Melba lors de notre sortie course à pied sur le Front de Mer de Saint-Denis (mois de janvier 2018). A défaut de carton, je l’ai placé dans une boîte de transport pour chat.

 

LES RECOMMANDATIONS DE LA SEOR EN CAS DE DECOUVERTE D’UN OISEAU ECHOUE

Si vous trouvez un oiseau échoué, évitez de le manipuler inutilement, car cet oiseau sauvage risque de stresser.
➔ Mettez-le dans un carton, dans lequel vous avez fait quelques trous pour lui permettre de respirer et placez-le dans un endroit au calme, à l’abri de la chaleur et du soleil, des chiens et des chats.
➔ Ne le nourrissez pas !
➔ Appelez au plus vite la SEOR au : 0262.20.46.65
Si personne n’est disponible lors de votre appel, laissez votre nom et votre numéro de téléphone sur leur répondeur. Une personne vous rappellera rapidement. Dès lors, la SEOR organisera avec vous, la récupération de l’oiseau dans les plus brefs délais grâce à son réseau de sauvetage (bénévoles + structures relais) opérationnel sur toute l’île.

Nous avons déposé le jeune Petit Fouquet directement à la SEOR (13, ruelle des Orchidées,
Cambuston, 97440 SAINT ANDRE) où il a été pris en charge (réhydratation, auscultation, nettoyage des plumes et réalimentation) avant d’être relâché.

À l’occasion des « nuits sans lumières » plusieurs évènements de sensibilisation sont programmés sur toute l’île. Le programme est à retrouver sur le site de nuits sans lumière.

Sources :
SEOR

Errance animale (4)

Je crois que je suis abonnée… abonnée aux p’tits loulous abandonnés et mal en point.
La dernière en date ? Une petite chatounette d’à peine trois mois dont l’histoire est un mixte entre celle d’Ivy et celle de Toffee (mais fort heureusement pas aussi grave !)
Donc, me voilà un lundi en fin de matinée prenant la direction de Sainte-Suzanne, dans l’est. Depuis que j’ai trouvé Ivy, sur cette quatre voies, j’avoue que j’appréhende de l’emprunter. Et puis, il y a aussi trop de cadavres d’animaux sur le bord de cette route, à mon goût. Et pour moi, un, c’est déjà un de trop…
Je n’avais pas parcouru trois kilomètres sur la quatre voies, qu’en franchissant le pont de Sainte-Marie,  mon coeur loupe un battement !

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Errance animale (3) partie 3… l’épilogue.

Mercredi 27 septembre. Le chaton est debout ! Davantage sur trois pattes que sur quatre, mais il est enfin debout et se déplace un peu. Il n’ose pas poser sa patte réparée et a du mal à garder l’équilibre pour se pencher vers sa gamelle de lait. Je la lui tiens à la hauteur de sa bouche et il lape. Il a une drôle d’allure : sa patte droite et son flanc droit sont rasés, ainsi que son ventre et une partie du flanc gauche. Les poils de son dos sont hirsutes et avec ses cicatrices, j’ai bien envie de l’appeler Frankestein ! Le vétérinaire a profité de la seconde opération pour enlever les fils de son ventre. Il me montre les radios de la patte. Je suis impressionnée. C’est pas mal Terminator comme prénom, pour un chaton bionique, non ?

Le soir, nous retournons tous les trois le voir. Quels progrès depuis ce matin ! Il pose le bout de sa patte pour marcher et arrive à se pencher vers sa gamelle.

Je continue à venir le voir chaque jour, matin et soir. L’inquiétude s’atténue à chaque visite. J’observe une auxiliaire durant une petite séance de kiné. Il a un jouet suspendu dans sa cage et s’amuse avec. La vétérinaire a vérifié. C’est un petit gars !

A l’appartement, on prépare l’arrivée du chaton : une très grande cage qu’on isolera dans une pièce pour éviter une confrontation trop précoce entre le petit convalescent et les chattes de la famille, une litière pour chaton avec une ouverture pour qu’il n’ait pas à enjamber un rebord trop haut, un coussin, des gamelles, des jouets et un doudou souris. Une liste de prénoms commence à être rédigée et elle s’allonge à vue d’œil. Une bonne quarantaine de noms ! Tout le monde fait des propositions et un vote sera nécessaire.

Jeudi 28 septembre. Ce soir, avec Melba, nous prenons la direction de la clinique pour voir le chaton. Une auxiliaire me l’apporte, installé dans une serviette. En voyant Melba, il se met à trembler. Quant à Melba, elle est contente. Elle commence d’ailleurs à s’exciter. Je m’assois avec le chaton, Melba se couche à mes pieds. Au bout de quelques minutes, le chaton cesse de trembler. Il se redresse pour jeter un coup d’œil sur la chienne. Il adore que je le gratouille sur la tête et en ronronne de plaisir.

C’est le vendredi 29 septembre que nous procédons au vote. Dès le premier tour, trois noms font l’unanimité : Toffee, Yuzu et Berlioz (l’un des chatons du dessin animé « les aristochats »). Ce sera finalement Toffee. Notre petit roux et blanc échappe aux sempiternels noms donnés aux chats rouquins : Garfield et Caramel. Il échappe aussi au nom souvent donné aux chats roux et blanc : Nougat. Toffee (qui est un caramel anglais) s’inspire néanmoins de son pelage. Et la présence du son [i] dans son nom était importante, car c’est un son que les chat entendent bien et qui les aide à mémoriser leur nom.

Le choix est difficile. Chacun a la même liste et nous entourons les noms qui nous plaisent.

Samedi 30 septembre.  Nous lui apportons une petite balle à grelot. Il adore ! Il ne lape que son lait et refuse toujours les croquettes pour chaton. Les anti-inflammatoires sont terminés et il ne lui reste que quelques jours d’antibiotiques. Le week-end sera encore long sans le voir, mais l’inquiétude n’est plus là.

Lundi 2 octobre. Ce matin, avec ma fille, nous nous rendons à la clinique. Nous apprenons qu’il pourra sortir demain matin, après sa dernière injection d’antibiotique. Nous passons presque trente minutes avec lui à le câliner et à jouer. Il tente de laper les croquettes que les auxiliaires ont mis dans sa gamelle de lait. Par hasard, sa petite langue en attrape une et il découvre la mastication.

Demain, Toffee sort !

Mardi 3 octobre. Toffee peut enfin sortir. Il devra revenir lundi prochain pour le retrait des fils de sa patte. Une fois à l’appartement. Je pose la cage de transport dans l’entrée pour fermer la porte et me débarrasser des sacs. Ivy s’approche de la cage et crache. Ce n’est pas gagné ! Jusqu’à présent, elle était la petite dernière. J’emmène Toffee dans la chambre de ma fille, où nous avons installé ses affaires. Timidement il sort de la cage et commence à explorer, restant souvent caché derrière un rideau. Mais la curiosité est la plus forte et bientôt, il teste tous les jouets étalés au sol : balles sonores, poteau griffoir, canne à pêche qui tourne…

Je suis assise par terre, mais dès que je bouge un peu, il sursaute et part se cacher. Et comme jouer et explorer ça donne faim, il attaque ses croquettes. Par contre la gamelle d’eau n’a pas beaucoup de succès. Ce n’est que l’après-midi qu’il y trempera la langue et qu’il se rendra compte que l’eau c’est bon lorsque l’on a soif d’avoir trop joué et mangé.

Tout se transforme en jouet !

Mercredi 4 octobre, ce soir, lorsque Toffee était déjà dans sa cage pour la nuit, Léïa est entrée dans la chambre. Elle est sa demi-sœur après tout ! Elle a senti l’odeur d’un chat étranger. Elle s’est approchée à tâton, ventre au sol, est passée sous le lit, avant de s’immobiliser en fixant la cage. Lorsque Toffee a bougé, Léïa a pris peur et s’est enfuie ! Toujours aussi courageuse notre Lélé ! Ivy, reste à l’extérieur de la chambre, se contentant d’observer de loin lorsque la porte est ouverte et que Toffee est dans sa cage. Bien qu’elle ait vu Léïa s’approcher et regarder Toffee, elle n’en fait pas autant.

Jouer, donne faim !

Jeudi 5 octobre, Ivy a ouvert la porte de la chambre et est tombée nez à nez avec Toffee. Elle a feulé et est partie. Un peu plus tard, Léïa est restée un long moment à observer Toffee dans sa cage. Elle s’est approchée, l’a senti. Le chaton l’a aussi observée. Ivy, est restée à l’extérieur de la chambre, se contentant de regarder de loin.

Dimanche 8 octobre, Léïa a feulé Toffee. Il n’a pas oublié et lorsqu’elle est revenue, c’est lui qui l’a feulée. Léïa a eu peur et s’est enfuie ! Ivy, ne rentre toujours pas dans la chambre.

Face à face entre frère et soeur.

Quant à Mina, la vieille chatte de 20 ans (aussi surnommée « Mémé Ronchon » ou « Tatie Danielle »), au début, nous n’arrivions pas à savoir si elle s’était rendue compte de la présence de Toffee. Même si elle ne doit pas très bien entendre ses miaulements, elle devait quand même le sentir. Un soir, elle est entrée dans la chambre et est tombée nez à nez avec lui . Elle a grogné et craché. Toffee a eu peur, il s’est blotti contre moi. Mina a même feulé ma main qui portait l’odeur du petit ! Quel caractère !

Notre vieille ronchon (20 ans, ça fait quand même 100 ans pour un chat !)

Toffee ne sort de sa cage que sous surveillance et la porte de la chambre est fermée, pour éviter une éventuelle agressivité des chattes. Il doit utiliser le plus possible sa patte en marchant. Mais ses jeux sont encore désordonnés, un peu brusques et maladroits. Il perd souvent l’équilibre, surtout que sur le carrelage sa patte réparée glisse. La grande serviette que j’ai posée sur le sol pour lui éviter des glissades ne sert pas à grand-chose, vu qu’il est toujours à côté.
Comme après ses opérations, il ne lui reste qu’une touffe de poils sur le dos, je lui ai acheté une brosse douce pour bébé. Il adore être brossé.
Il mange bien ses croquettes, boit, joue, court, sautille, s’agrippe avec ses pattes avant pour grimper sur le poteau griffoir, adore jouer à cache-cache. Comme je suis assise par terre lorsque je le libère (avec l’ordi sur les genoux), il vient me chatouiller avec ses vibrisses et donne des petits coups de pattes sur mon bras pour que j’arrête de taper sur le clavier et que je le gratouille. Il saute sur le clavier, rajoutant des mots et des espaces.
Lorsque je tends ma main devant lui il donne un petit coup de patte comme s’il checkait. Du coup, à chaque fois qu’il tape dans ma main, je lui dis « Check! », de façon à ce qu’il associe son geste à mon mot et que, plus tard, il fasse ce geste lorsque je dirais « check! » Il aime monter sur mes genoux et se blottir. Il réclame alors caresses et gratouilles avant de s’endormir en ronronnant.

C’est l’heure des câlins !

Lundi 9 octobre. C’est le jour du retrait des fils. Enfin, c’est ce que je croyais. En voyant Toffee marcher, le vétérinaire a trouvé que sa patte était plus raide qu’à sa sortie. Toffee a dû être hospitalisé une semaine de plus. Il a été endormi afin que le vétérinaire puisse forcer sur la rotule sans lui faire mal. Cela a été dur de repartir sans lui.
Mais après cinq jours de rééducation, les progrès ne sont pas au rendez-vous. Le vétérinaire craint que toute sa patte devienne raide, ce qui l’handicaperait pour marcher, courir, sauter. Si dans un mois, il n’y a aucune amélioration, Toffee devra être amputé. D’après le vétérinaire, un chat est plus à l’aise avec trois pattes qu’avec une patte « béquille ».

Vendredi 13 octobre : Toffee est de retour, presque un mois après que Melba l’ait trouvé. Il déborde d’énergie ! Je continue la rééducation mais malgré les anti-douleurs, il n’aime pas ça et le fait savoir.
Nous avons finalement installé sa cage dans le bureau, de façon à ce que Ivy récupère « son » territoire : la chambre de ma fille. Vu qu’elle se montrait toujours agressive, je lui ai donné des « fleurs de Bach – agression ». Ce sont des granules homéopathiques pour les animaux. Et après une semaine de traitement, les résultats sont visibles !
Melba est tellement excitée à chaque fois qu’elle voit « son » chaton, qu’elle réussit à lui faire peur !

Une petite sieste s’impose

On appelle le chaton par son prénom pour qu’il l’apprenne. Ses yeux bleus de bébé commencent à changer de couleur. Jaune ou vert ? C’est encore difficile de se prononcer.
Ma dernière inquiétude concerne sa patte postérieure droite qui est toujours raide au niveau de la rotule. Il ne la plie pas du tout, bien que cela ne l’empêche pas de courir, de bondir et de sautiller. C’est un chaton plein de vie et heureux de découvrir le monde qui l’entoure, de jouer… bref de vivre. Je ne sais pas s’il gardera sa patte, mais compte tenu de tout ce qu’il a traversé ces dernières semaines, ce sera un moindre mal.

Sieste entre frère et soeur

Je n’ai pas assez de mots pour dire toute la reconnaissance que j’éprouve envers l’équipe de la clinique vétérinaire de la Providence qui a pris Toffee en charge, qui a veillé sur lui et qui l’a soigné.  Merci aux deux vétérinaires : Dr Taillieu Sébastien et Dr Taillieu-Leroy Sophie, de m’avoir suivie dans mes décisions et d’avoir pris le risque de l’opérer. Merci aux trois auxiliaires : Estelle, Honorine et Laurence, d’avoir supporté mes visites bi-quotidiennes et mes questions. Merci à toute l’équipe d’avoir veillé sur ce petit chaton errant bien mal en point et de l’avoir remis sur pattes.

Vers « Errance animale (3), partie 2 »

Errance animale (3) partie 2

Ce mercredi 20 septembre, j’ai rendez-vous avec l’autre vétérinaire de la clinique. Le chaton a passé la nuit et le traitement semble avoir eu quelques effets. Il s’est aussi nourri. Je me sens rassurée.
Le vétérinaire propose une radio. Revêtu d’une veste de protection, il emmène le chaton dans une salle et en ressort quelques minutes plus tard pour le ramener en soins intensifs. Lorsqu’il vient me chercher dans la salle d’attente, son visage est grave et il m’annonce d’emblée que les nouvelles ne sont pas bonnes.
L’état du chaton est pire que ce qu’il pensait.
Il me fait entrer dans la salle de radiologie. Au fond de la petite pièce est allumé un écran. Mes yeux se posent sur les clichés en noir et blanc. Mon cœur loupe un battement. Je n’ai pas besoin d’avoir fait médecine pour comprendre que ce que je vois n’est pas normal. Les explications du vétérinaire ne font que confirmer mes craintes. Le diaphragme est perforé et l’intestin grêle est passé dans la cage thoracique. La surimpression des poumons et des intestins fait froid dans le dos. Dans le ventre du chaton, il ne reste que le colon, tendu en direction de sa poitrine. Il y quand même une bonne nouvelle : l’absence d’hémorragie interne, comme le craignait la vétérinaire, hier.

Comment a-t-il réussi à survivre après un tel traumatisme ?
Mais les mauvaises nouvelles ne sont pas terminées. La seconde radio montre deux fractures à la patte postérieure droite : une au fémur et l’autre au tibia.
La colonne vertébrale et la moelle épinière ne sont pas touchée. C’est un soulagement.

Le vétérinaire me propose, comme sa consœur de la veille, deux solutions : l’euthanasie ou une opération de réparation du diaphragme avec seulement 25 % de chance de survie à l’anesthésie et au choc opératoire. Je dois prendre ma décision rapidement car si j’opte pour l’opération, il faut qu’elle ait lieu immédiatement.
Le vétérinaire m’explique aussi que, s’il survit à cette première intervention, une seconde sera nécessaire pour poser des plaques sur les os de la patte. Les fractures sont en biais et les os se sont décalés.
Le vétérinaire voit que je suis sous le choc et il me demande si je peux en discuter avec quelqu’un. Impossible, mon mari est au travail et donc injoignable. Encore une fois, je vois des points noirs devant mes yeux et mes jambes se ramollissent. Il n’y a pas de chaise dans la salle de radiologie. Je m’excuse auprès du vétérinaire et me laisse glisser le long du mur sur lequel j’ai pris appui.
Dans mon cerveau, c’est l’ébullition. Je revois le chaton, son regard, j’entends ses miaulements, je pense au fait qu’il s’alimente. Je ne me résous pas à le faire piquer. C’est un petit, un bébé, qui a la vie devant lui. Ce n’est pas comme la fois où j’ai dû prendre la décision de faire piquer ma vieille chatte, Leeloo, car ses reins avaient lâché et qu’aucun traitement n’aurait pu la guérir.
Vu l’état du chaton, je me dis « autant tenter l’opération ». S’il doit partir, il le fera durant l’anesthésie, tranquillement, paisiblement. S’il résiste, alors je n’aurais pas à me demander toute ma vie, si j’ai fait le bon choix. Le vétérinaire me rappelle que même s’il survit à l’opération, rien ne sera encore gagné et que le chemin vers la guérison sera long et semé d’embûches.

Comment ce chaton peut-il avoir de telles blessures ? Son pelage couvert de cambouis laisse supposer qu’il est entré dans un moteur de voiture. Au démarrage de celle-ci, il a dû recevoir un choc, probablement par la courroie. La patte s’est alors brisée et les viscères ont été compressées, remontant dans le thorax en déchirant le diaphragme.

Je comprends à présent ses cris. Le pauvre petit, comme il doit souffrir ! C’est difficile de se représenter la douleur qu’il doit ressentir. Je comprends aussi le comportement de la chatte. Pour elle, son petit était perdu. Elle l’a éloigné de sa portée et ne s’en occupait plus, l’abandonnant à son agonie.

Mais moi, je ne peux pas me résoudre à le laisser mourir : il miaule, se redresse comme il peut, accepte de se nourrir. Au fond de moi j’en suis persuadée : ce petit veut vivre et il est prêt à se battre pour cela. Il a juste besoin qu’on l’aide et que l’on croit en lui. Les vétérinaires et les auxiliaires l’aideront. Moi, je croirais en lui. Je ne peux rien faire d’autre. Et je suis sûre que des pensées positives l’encourageront.

Ma décision est prise. Le chaton sera opéré avant la fin de la matinée. Je suis soulagée d’avoir fait ce choix, mais terriblement inquiète. Le vétérinaire m’a promis d’appeler dès la fin de l’intervention, vers midi.

Le téléphone portable ne me quitte pas. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon estomac est noué. Je me répète comme un mantra « bats-toi petit chaton, accroche-toi, tu es un petit costaud ! ». Lorsque le téléphone sonne enfin, je suis paralysée. Ma fille m’enjoint de le décrocher. A l’autre bout du fil, le vétérinaire m’apprend que l’opération s’est bien passée, que le chaton est en réveil. Mais cette bonne nouvelle est vite nuancée. La radio n’avait pas révélé qu’une partie du foie était aussi passée de l’autre côté du diaphragme. L’organe a l’air intact. C’est déjà ça. Le chaton n’est pas sauvé pour autant, juste en sursis pour les prochains jours. Une partie de ses intestins n’a pas été irriguée en sang et le risque de nécrose est important. Lorsque je raccroche, je suis partagée, une nouvelle fois, entre le soulagement et l’inquiétude.
Le soir, nous allons tous les trois lui rendre visite. Je m’attendais à ce qu’il soit réveillé, mais il est encore endormi. Le choc post-opératoire, m’informe le vétérinaire. La respiration du chaton est calme, régulière, lente. Rien à voir avec celle de ces deux derniers jours.

Jeudi 21 septembre. Petit bout d’affaire, comme je le surnomme, est réveillé et semble en pleine forme. Il regarde autour de lui, miaule, prend son lait. Il arrive à se déplacer jusqu’à sa litière en traînant sa patte cassée. Elle se cogne sur les rebords du bac. J’ai mal pour lui.
Pour les jours à venir, le chaton restera à la clinique. Il sera suivi par l’équipe et devra prendre un traitement : antibiotiques, anti-inflammatoires, anti-douleurs.

Chaque jour, je continue à passer à la clinique, matin et soir. Il semble aller de mieux en mieux, même si le vétérinaire reste prudent. L’état de l’intestin l’inquiète.
Mais le week-end arrive : presque deux jours sans aller voir le chaton et prendre de ses nouvelles. Heureusement, comme promis, le vétérinaire m’appelle, le dimanche matin. L’état du petit bout est stable. Il a fait des selles, ce qui est bon signe.
Il se bat et a la rage de vivre. Je suis sûre qu’il vaincra. C’est mon petit « Rocky Balboa » !

Chaton après son opération abdominale

Ce lundi 25 septembre, le vétérinaire est optimiste. Il trouve que l’état du chaton s’est nettement amélioré. Il envisage de procéder à la seconde opération, celle de la patte. Mais ce sera seulement demain après-midi car le chaton a bu goulûment son lait ce matin et il n’est donc plus à jeun. L’opération sera longue : 3 heures. Le vétérinaire a un doute pour le tibia. L’os est si fin, qu’il ne sait pas s’il pourra mettre une plaque. Moi, ce qui m’inquiète, c’est la proximité des deux anesthésies générales.

Le soir, avec Melba, nous nous rendons à la clinique pendant la promenade. Je l’entends miauler. Melba s’est immobilisée, les oreilles dressées. L’auxiliaire va chercher le chaton. Lorsqu’elle revient, Melba se met à remuer la queue et se redresse pour voir le chaton qui est dans les bras de l’auxiliaire. D’une main j’aide Melba à rester debout et de l’autre je gratouille la tête du petit bout. Melba a l’air vraiment heureuse de revoir le chaton qu’elle a trouvé et retrouvé. Sent-elle qu’il va mieux ? Que sa vie n’est plus en danger ?

Mardi 26 septembre. L’opération n’aura lieu qu’en milieu d’après-midi, alors je vais le voir le matin. L’après-midi est longue sans nouvelles. Je passe quand même à la clinique lors de la promenade de Melba pour savoir. Mais le chaton est toujours au bloc. L’auxiliaire me rassure en me disant qu’il respire toujours. Ce n’est que vers 19 h que le vétérinaire m’appelle. L’opération s’est bien passée, le chaton a été mis en couveuse et se réveille. Mais – comme il faut toujours qu’il y ait un « mais » – la jeunesse de ses os a rendu la tâche plus ardue. Le vétérinaire ne peut garantir que les clous qui maintiennent les plaques resteront dans les os, encore trop mous. « c’est comme planter un clou dans une plaque de placoplâtre ». L’image choisie par le vétérinaire est parlante. Seconde inquiétude : une possible infection. Les antibiotiques seront continués dès le lendemain. Troisième inquiétude : les muscles de la cuisse. Le chaton ayant gardé sa patte cassée repliée, les muscles se sont raccourcis. Il faudra l’aider, par des séances de kiné, à plier sa patte au niveau de la rotule. Sans cela, la patte risque de se raidir et il faudra l’amputer. Encore une fois, lorsque je raccroche, je suis partagé entre le soulagement et l’inquiétude. Bien sûr, cette fois, ce n’est plus sa vie qui est en danger, mais j’espère qu’il n’y aura plus de complications et que le bout du tunnel arrive enfin.

Après sa seconde opération (chirurgie orthopédique)

Vers « Errance animale (3) partie 1 »

Vers « Errance animale (3), partie 3… l’épilogue »