Bilan des nuits sans lumière

La 10ème édition des nuits sans lumière, commencée le 5 avril 2018, a pris fin le 29 avril 2018. Après un mois de nuits plus ou moins obscures – selon les communes, voire les quartiers – les éclairages publics nocturnes sont de retour et l’heure est au bilan.
Petit retour sur ces nuits consacrées à l’envol des jeunes pétrels de Barau.

Vendredi 13 avril 2018
Ce matin là, cinq pétrels ont été retrouvés échoués dans le Nord et l’Ouest de l’île. Après avoir été pesés, mesurés, bagués par les spécialistes de la Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion (SEOR) et une fois leur état de santé vérifié, les cinq pétrels ont pu prendre leur envol, en fin de matinée. Celui-ci a été réalisé au Barachois sous le regards d’écoliers dyonisiens.

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A l’état naturel ces oiseaux marins n’ont pas besoin d’aide pour s’envoler et partent d’eux-mêmes. Mais les éclairages publics les perturbent et causent leur échouage. Les pétrels sont en effet attirés par les lumières, surtout lorsque le temps est mauvais ou que la lune est noire. Une fois au sol, ces oiseaux sont incapables de décoller et c’est là qu’intervient la SEOR en leur administrant, si nécessaire, des soins et en les aidant à prendre leur envol.

Petit rappel :
Ces oiseaux de mer nichent dans des terriers creusés dans le sol meuble, sur les hauts remparts de l’île. En avril et mai, les petits s’envolent pour gagner l’océan. Ils vont alors parcourir des milliers de kilomètres pour trouver leur nourriture avant de revenir, un an plus tard, pour se reproduire.
En effet, chaque année, les adultes reviennent sur l’île durant la période de reproduction. Ils vont retrouver le même partenaire que l’année précédente et le même terrier.
Au moment de l’envol des jeunes, qui a toujours lieu de nuit, ceux-ci sont attirés par les éclairages publics qu’ils confondent avec le reflet de la lune sur la mer. S’échouant alors sur le sol, ils sont incapables de redécoller par leurs propres moyens, gênés par leurs grandes ailes et leur pattes palmées. Vulnérables, ils deviennent la proie des chats et des chiens ou sont victimes de collisions (voitures, poteaux électriques…). D’où la campagne lancée par la SEOR en direction des municipalités de l’île, afin d’éteindre un maximum d’éclairages publics durant le mois d’avril.

Dimanche 15 avril 2018

Triste découverte au petit matin, à Cilaos. 75 jeunes pétrels y sont récupérés, sans vie, après avoir été désorientés par les éclairages du stade. La veille au soir, un match de foot a joué les prolongations, obligeant à laisser les lumières allumées une trentaine de minutes au-delà de l’heure indiquée par un arrêté municipal de 2015.

Cette année-là, c’était 223 pétrels qui s’étaient échoués en une seule et unique soirée à Cilaos, à cause des éclairages du stade. La municipalité avait alors précisé sur un arrêté municipal que les lumières de ce stade devaient être éteintes à 19h30.

Post de la SEOR sur leur page Facebook, le 15 avril 2018 :

Côté SEOR, ce sont déjà 90 pétrels qui ont été retrouvés depuis le début de la période d’envol.

Vendredi 20 avril 2018

Le préfet rappelle à la population et aux communes de limiter les sources lumineuses afin d’éviter l’échouage des pétrels de Barau. Des conditions météorologiques défavorables sont réunies pour nuire à l’envol de oiseaux marins : ciel couvert et pluie apportée par la tempête tropicale Fakir, lune noire… Autant de raisons qui nécessitent du sérieux dans l’extinction des éclairages publics, afin de réduire les risques accrus pour  cette espèce endémique menacée d’extinction.

Communiqué préfectoral :
« La Réunion connaît actuellement le pic annuel d’envol des pétrels de Barau (taille-vent), espèce endémique menacée d’extinction, avec des échouages importants.
Les conditions météorologiques défavorables (brouillard, pluies), couplées prochainement à une période de lune noire (période où la lune est invisible sur fond de ciel nocturne), sont de nature à favoriser ces échouages.
Le préfet de La Réunion appelle donc à une vigilance renforcée de la population et des communes afin de limiter les sources lumineuses après 19h en procédant, dans la mesure du possible, à des extinctions systématiques en cas de brouillard ou de pluie. »

Vendredi 27 avril 2018

Le Piton de la Fournaise est entré en éruption. Cette activité volcanologique n’est pas sans risque pour les oiseaux marins. Attirés par la luminosité de la lave en fusion, jeunes pétrels, paille-en-queue et fouquets y finissent leur course. Et cette année, envol des jeunes pétrels de Barau (espèce très rare que l’on ne trouve qu’à la Réunion) et éruption coïncident. S’il est possible d’éteindre les éclairages publics, il est en revanche impossible d’arrêter un volcan en éruption.
Les témoins ayant vu des pailles-en-queue piquer vers la lave, évoquent des cris d’agonie semblables à des cris humains. Selon certains, ce sont ces fameux cris poussés par les oiseaux marins au moment de mourir qui seraient à l’origine de la légende de Grand Mèr Kal, appelée aussi « la gardienne volcan ».

Dimanche 29 avril 2018

La SEOR publie sur son site, le bilan de cette 10ème édition des nuits sans lumière : « Depuis le début de cette saison nous sommes déjà à plus de 900 jeunes pétrels de Barau échoués et pris en charge par le centre de soins à travers son réseau de sauvetage ! » 

source photo : page facebook de la SEOR

Sources :

SEOR
Petrels.re
Parc national de la Réunion

Zinfos974
ImazPress

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Une réflexion sur “Bilan des nuits sans lumière

  1. Pingback: errance animale (6) Melba, mon chien sauveteur ! | Bienvenue chez moi, à la Réunion !

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