errance animale (6) Melba, mon chien sauveteur !

Pour ceux qui lisent ce blog depuis un bon moment, vous savez que la cause animale me tient à coeur. Et pour ceux qui ont suivi toutes mes aventures animalières, vous n’ignorez pas que la chienne Melba et les chats Léïa, Ivy, Toffee et Vanille ont tous échappé à la rue et à bien pire.
Mais ce que vous ignorez – et c’est ce à quoi cet article va remédier – c’est que Melba n’est pas une chienne comme les autres. Déjà, elle a comme copines des chats à qui elle fait, à chaque sortie, des bisous « truffe à truffe » !
Peut-être parce qu’elle-même a été sauvée de la rue – et a échappé aux passages du camion de la fourrière – elle se fait un devoir de venir en aide aux autres animaux en détresse. Car Toffee n’a pas été le seul à croiser la route de ce chien au grand coeur.
Suivez-moi, je vais vous raconter les exploits de Miss Melba…

Toffee à la clinique vétérinaire.

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Errance animale (5)

Je voudrais vous présenter deux copines à quatre pattes de Melba. Ces deux chattes, qui vivent sur le parking de la résidence ont durant des années mis au monde des chatons qui terminaient invariablement sous les roues des voitures. Certains ont eu de la chance, comme Léïa ou Toffee.
Aimant trop les animaux, pour continuer à assister à ce « massacre » sans rien faire, j’ai décidé de prendre les choses en main.

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Errance animale (4)

Je crois que je suis abonnée… abonnée aux p’tits loulous abandonnés et mal en point.
La dernière en date ? Une petite chatounette d’à peine trois mois dont l’histoire est un mixte entre celle d’Ivy et celle de Toffee (mais fort heureusement pas aussi grave !)
Donc, me voilà un lundi en fin de matinée prenant la direction de Sainte-Suzanne, dans l’est. Depuis que j’ai trouvé Ivy, sur cette quatre voies, j’avoue que j’appréhende de l’emprunter. Et puis, il y a aussi trop de cadavres d’animaux sur le bord de cette route, à mon goût. Et pour moi, un, c’est déjà un de trop…
Je n’avais pas parcouru trois kilomètres sur la quatre voies, qu’en franchissant le pont de Sainte-Marie,  mon coeur loupe un battement !

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Errance animale (3) partie 3… l’épilogue.

Mercredi 27 septembre. Le chaton est debout ! Davantage sur trois pattes que sur quatre, mais il est enfin debout et se déplace un peu. Il n’ose pas poser sa patte réparée et a du mal à garder l’équilibre pour se pencher vers sa gamelle de lait. Je la lui tiens à la hauteur de sa bouche et il lape. Il a une drôle d’allure : sa patte droite et son flanc droit sont rasés, ainsi que son ventre et une partie du flanc gauche. Les poils de son dos sont hirsutes et avec ses cicatrices, j’ai bien envie de l’appeler Frankestein ! Le vétérinaire a profité de la seconde opération pour enlever les fils de son ventre. Il me montre les radios de la patte. Je suis impressionnée. C’est pas mal Terminator comme prénom, pour un chaton bionique, non ?

Le soir, nous retournons tous les trois le voir. Quels progrès depuis ce matin ! Il pose le bout de sa patte pour marcher et arrive à se pencher vers sa gamelle.

Je continue à venir le voir chaque jour, matin et soir. L’inquiétude s’atténue à chaque visite. J’observe une auxiliaire durant une petite séance de kiné. Il a un jouet suspendu dans sa cage et s’amuse avec. La vétérinaire a vérifié. C’est un petit gars !

A l’appartement, on prépare l’arrivée du chaton : une très grande cage qu’on isolera dans une pièce pour éviter une confrontation trop précoce entre le petit convalescent et les chattes de la famille, une litière pour chaton avec une ouverture pour qu’il n’ait pas à enjamber un rebord trop haut, un coussin, des gamelles, des jouets et un doudou souris. Une liste de prénoms commence à être rédigée et elle s’allonge à vue d’œil. Une bonne quarantaine de noms ! Tout le monde fait des propositions et un vote sera nécessaire.

Jeudi 28 septembre. Ce soir, avec Melba, nous prenons la direction de la clinique pour voir le chaton. Une auxiliaire me l’apporte, installé dans une serviette. En voyant Melba, il se met à trembler. Quant à Melba, elle est contente. Elle commence d’ailleurs à s’exciter. Je m’assois avec le chaton, Melba se couche à mes pieds. Au bout de quelques minutes, le chaton cesse de trembler. Il se redresse pour jeter un coup d’œil sur la chienne. Il adore que je le gratouille sur la tête et en ronronne de plaisir.

C’est le vendredi 29 septembre que nous procédons au vote. Dès le premier tour, trois noms font l’unanimité : Toffee, Yuzu et Berlioz (l’un des chatons du dessin animé « les aristochats »). Ce sera finalement Toffee. Notre petit roux et blanc échappe aux sempiternels noms donnés aux chats rouquins : Garfield et Caramel. Il échappe aussi au nom souvent donné aux chats roux et blanc : Nougat. Toffee (qui est un caramel anglais) s’inspire néanmoins de son pelage. Et la présence du son [i] dans son nom était importante, car c’est un son que les chat entendent bien et qui les aide à mémoriser leur nom.

Le choix est difficile. Chacun a la même liste et nous entourons les noms qui nous plaisent.

Samedi 30 septembre.  Nous lui apportons une petite balle à grelot. Il adore ! Il ne lape que son lait et refuse toujours les croquettes pour chaton. Les anti-inflammatoires sont terminés et il ne lui reste que quelques jours d’antibiotiques. Le week-end sera encore long sans le voir, mais l’inquiétude n’est plus là.

Lundi 2 octobre. Ce matin, avec ma fille, nous nous rendons à la clinique. Nous apprenons qu’il pourra sortir demain matin, après sa dernière injection d’antibiotique. Nous passons presque trente minutes avec lui à le câliner et à jouer. Il tente de laper les croquettes que les auxiliaires ont mis dans sa gamelle de lait. Par hasard, sa petite langue en attrape une et il découvre la mastication.

Demain, Toffee sort !

Mardi 3 octobre. Toffee peut enfin sortir. Il devra revenir lundi prochain pour le retrait des fils de sa patte. Une fois à l’appartement. Je pose la cage de transport dans l’entrée pour fermer la porte et me débarrasser des sacs. Ivy s’approche de la cage et crache. Ce n’est pas gagné ! Jusqu’à présent, elle était la petite dernière. J’emmène Toffee dans la chambre de ma fille, où nous avons installé ses affaires. Timidement il sort de la cage et commence à explorer, restant souvent caché derrière un rideau. Mais la curiosité est la plus forte et bientôt, il teste tous les jouets étalés au sol : balles sonores, poteau griffoir, canne à pêche qui tourne…

Je suis assise par terre, mais dès que je bouge un peu, il sursaute et part se cacher. Et comme jouer et explorer ça donne faim, il attaque ses croquettes. Par contre la gamelle d’eau n’a pas beaucoup de succès. Ce n’est que l’après-midi qu’il y trempera la langue et qu’il se rendra compte que l’eau c’est bon lorsque l’on a soif d’avoir trop joué et mangé.

Tout se transforme en jouet !

Mercredi 4 octobre, ce soir, lorsque Toffee était déjà dans sa cage pour la nuit, Léïa est entrée dans la chambre. Elle est sa demi-sœur après tout ! Elle a senti l’odeur d’un chat étranger. Elle s’est approchée à tâton, ventre au sol, est passée sous le lit, avant de s’immobiliser en fixant la cage. Lorsque Toffee a bougé, Léïa a pris peur et s’est enfuie ! Toujours aussi courageuse notre Lélé ! Ivy, reste à l’extérieur de la chambre, se contentant d’observer de loin lorsque la porte est ouverte et que Toffee est dans sa cage. Bien qu’elle ait vu Léïa s’approcher et regarder Toffee, elle n’en fait pas autant.

Jouer, donne faim !

Jeudi 5 octobre, Ivy a ouvert la porte de la chambre et est tombée nez à nez avec Toffee. Elle a feulé et est partie. Un peu plus tard, Léïa est restée un long moment à observer Toffee dans sa cage. Elle s’est approchée, l’a senti. Le chaton l’a aussi observée. Ivy, est restée à l’extérieur de la chambre, se contentant de regarder de loin.

Dimanche 8 octobre, Léïa a feulé Toffee. Il n’a pas oublié et lorsqu’elle est revenue, c’est lui qui l’a feulée. Léïa a eu peur et s’est enfuie ! Ivy, ne rentre toujours pas dans la chambre.

Face à face entre frère et soeur.

Quant à Mina, la vieille chatte de 20 ans (aussi surnommée « Mémé Ronchon » ou « Tatie Danielle »), au début, nous n’arrivions pas à savoir si elle s’était rendue compte de la présence de Toffee. Même si elle ne doit pas très bien entendre ses miaulements, elle devait quand même le sentir. Un soir, elle est entrée dans la chambre et est tombée nez à nez avec lui . Elle a grogné et craché. Toffee a eu peur, il s’est blotti contre moi. Mina a même feulé ma main qui portait l’odeur du petit ! Quel caractère !

Notre vieille ronchon (20 ans, ça fait quand même 100 ans pour un chat !)

Toffee ne sort de sa cage que sous surveillance et la porte de la chambre est fermée, pour éviter une éventuelle agressivité des chattes. Il doit utiliser le plus possible sa patte en marchant. Mais ses jeux sont encore désordonnés, un peu brusques et maladroits. Il perd souvent l’équilibre, surtout que sur le carrelage sa patte réparée glisse. La grande serviette que j’ai posée sur le sol pour lui éviter des glissades ne sert pas à grand-chose, vu qu’il est toujours à côté.
Comme après ses opérations, il ne lui reste qu’une touffe de poils sur le dos, je lui ai acheté une brosse douce pour bébé. Il adore être brossé.
Il mange bien ses croquettes, boit, joue, court, sautille, s’agrippe avec ses pattes avant pour grimper sur le poteau griffoir, adore jouer à cache-cache. Comme je suis assise par terre lorsque je le libère (avec l’ordi sur les genoux), il vient me chatouiller avec ses vibrisses et donne des petits coups de pattes sur mon bras pour que j’arrête de taper sur le clavier et que je le gratouille. Il saute sur le clavier, rajoutant des mots et des espaces.
Lorsque je tends ma main devant lui il donne un petit coup de patte comme s’il checkait. Du coup, à chaque fois qu’il tape dans ma main, je lui dis « Check! », de façon à ce qu’il associe son geste à mon mot et que, plus tard, il fasse ce geste lorsque je dirais « check! » Il aime monter sur mes genoux et se blottir. Il réclame alors caresses et gratouilles avant de s’endormir en ronronnant.

C’est l’heure des câlins !

Lundi 9 octobre. C’est le jour du retrait des fils. Enfin, c’est ce que je croyais. En voyant Toffee marcher, le vétérinaire a trouvé que sa patte était plus raide qu’à sa sortie. Toffee a dû être hospitalisé une semaine de plus. Il a été endormi afin que le vétérinaire puisse forcer sur la rotule sans lui faire mal. Cela a été dur de repartir sans lui.
Mais après cinq jours de rééducation, les progrès ne sont pas au rendez-vous. Le vétérinaire craint que toute sa patte devienne raide, ce qui l’handicaperait pour marcher, courir, sauter. Si dans un mois, il n’y a aucune amélioration, Toffee devra être amputé. D’après le vétérinaire, un chat est plus à l’aise avec trois pattes qu’avec une patte « béquille ».

Vendredi 13 octobre : Toffee est de retour, presque un mois après que Melba l’ait trouvé. Il déborde d’énergie ! Je continue la rééducation mais malgré les anti-douleurs, il n’aime pas ça et le fait savoir.
Nous avons finalement installé sa cage dans le bureau, de façon à ce que Ivy récupère « son » territoire : la chambre de ma fille. Vu qu’elle se montrait toujours agressive, je lui ai donné des « fleurs de Bach – agression ». Ce sont des granules homéopathiques pour les animaux. Et après une semaine de traitement, les résultats sont visibles !
Melba est tellement excitée à chaque fois qu’elle voit « son » chaton, qu’elle réussit à lui faire peur !

Une petite sieste s’impose

On appelle le chaton par son prénom pour qu’il l’apprenne. Ses yeux bleus de bébé commencent à changer de couleur. Jaune ou vert ? C’est encore difficile de se prononcer.
Ma dernière inquiétude concerne sa patte postérieure droite qui est toujours raide au niveau de la rotule. Il ne la plie pas du tout, bien que cela ne l’empêche pas de courir, de bondir et de sautiller. C’est un chaton plein de vie et heureux de découvrir le monde qui l’entoure, de jouer… bref de vivre. Je ne sais pas s’il gardera sa patte, mais compte tenu de tout ce qu’il a traversé ces dernières semaines, ce sera un moindre mal.

Sieste entre frère et soeur

Je n’ai pas assez de mots pour dire toute la reconnaissance que j’éprouve envers l’équipe de la clinique vétérinaire de la Providence qui a pris Toffee en charge, qui a veillé sur lui et qui l’a soigné.  Merci aux deux vétérinaires : Dr Taillieu Sébastien et Dr Taillieu-Leroy Sophie, de m’avoir suivie dans mes décisions et d’avoir pris le risque de l’opérer. Merci aux trois auxiliaires : Estelle, Honorine et Laurence, d’avoir supporté mes visites bi-quotidiennes et mes questions. Merci à toute l’équipe d’avoir veillé sur ce petit chaton errant bien mal en point et de l’avoir remis sur pattes.

Vers « Errance animale (3), partie 2 »

Errance animale (3) partie 2

Ce mercredi 20 septembre, j’ai rendez-vous avec l’autre vétérinaire de la clinique. Le chaton a passé la nuit et le traitement semble avoir eu quelques effets. Il s’est aussi nourri. Je me sens rassurée.
Le vétérinaire propose une radio. Revêtu d’une veste de protection, il emmène le chaton dans une salle et en ressort quelques minutes plus tard pour le ramener en soins intensifs. Lorsqu’il vient me chercher dans la salle d’attente, son visage est grave et il m’annonce d’emblée que les nouvelles ne sont pas bonnes.
L’état du chaton est pire que ce qu’il pensait.
Il me fait entrer dans la salle de radiologie. Au fond de la petite pièce est allumé un écran. Mes yeux se posent sur les clichés en noir et blanc. Mon cœur loupe un battement. Je n’ai pas besoin d’avoir fait médecine pour comprendre que ce que je vois n’est pas normal. Les explications du vétérinaire ne font que confirmer mes craintes. Le diaphragme est perforé et l’intestin grêle est passé dans la cage thoracique. La surimpression des poumons et des intestins fait froid dans le dos. Dans le ventre du chaton, il ne reste que le colon, tendu en direction de sa poitrine. Il y quand même une bonne nouvelle : l’absence d’hémorragie interne, comme le craignait la vétérinaire, hier.

Comment a-t-il réussi à survivre après un tel traumatisme ?
Mais les mauvaises nouvelles ne sont pas terminées. La seconde radio montre deux fractures à la patte postérieure droite : une au fémur et l’autre au tibia.
La colonne vertébrale et la moelle épinière ne sont pas touchée. C’est un soulagement.

Le vétérinaire me propose, comme sa consœur de la veille, deux solutions : l’euthanasie ou une opération de réparation du diaphragme avec seulement 25 % de chance de survie à l’anesthésie et au choc opératoire. Je dois prendre ma décision rapidement car si j’opte pour l’opération, il faut qu’elle ait lieu immédiatement.
Le vétérinaire m’explique aussi que, s’il survit à cette première intervention, une seconde sera nécessaire pour poser des plaques sur les os de la patte. Les fractures sont en biais et les os se sont décalés.
Le vétérinaire voit que je suis sous le choc et il me demande si je peux en discuter avec quelqu’un. Impossible, mon mari est au travail et donc injoignable. Encore une fois, je vois des points noirs devant mes yeux et mes jambes se ramollissent. Il n’y a pas de chaise dans la salle de radiologie. Je m’excuse auprès du vétérinaire et me laisse glisser le long du mur sur lequel j’ai pris appui.
Dans mon cerveau, c’est l’ébullition. Je revois le chaton, son regard, j’entends ses miaulements, je pense au fait qu’il s’alimente. Je ne me résous pas à le faire piquer. C’est un petit, un bébé, qui a la vie devant lui. Ce n’est pas comme la fois où j’ai dû prendre la décision de faire piquer ma vieille chatte, Leeloo, car ses reins avaient lâché et qu’aucun traitement n’aurait pu la guérir.
Vu l’état du chaton, je me dis « autant tenter l’opération ». S’il doit partir, il le fera durant l’anesthésie, tranquillement, paisiblement. S’il résiste, alors je n’aurais pas à me demander toute ma vie, si j’ai fait le bon choix. Le vétérinaire me rappelle que même s’il survit à l’opération, rien ne sera encore gagné et que le chemin vers la guérison sera long et semé d’embûches.

Comment ce chaton peut-il avoir de telles blessures ? Son pelage couvert de cambouis laisse supposer qu’il est entré dans un moteur de voiture. Au démarrage de celle-ci, il a dû recevoir un choc, probablement par la courroie. La patte s’est alors brisée et les viscères ont été compressées, remontant dans le thorax en déchirant le diaphragme.

Je comprends à présent ses cris. Le pauvre petit, comme il doit souffrir ! C’est difficile de se représenter la douleur qu’il doit ressentir. Je comprends aussi le comportement de la chatte. Pour elle, son petit était perdu. Elle l’a éloigné de sa portée et ne s’en occupait plus, l’abandonnant à son agonie.

Mais moi, je ne peux pas me résoudre à le laisser mourir : il miaule, se redresse comme il peut, accepte de se nourrir. Au fond de moi j’en suis persuadée : ce petit veut vivre et il est prêt à se battre pour cela. Il a juste besoin qu’on l’aide et que l’on croit en lui. Les vétérinaires et les auxiliaires l’aideront. Moi, je croirais en lui. Je ne peux rien faire d’autre. Et je suis sûre que des pensées positives l’encourageront.

Ma décision est prise. Le chaton sera opéré avant la fin de la matinée. Je suis soulagée d’avoir fait ce choix, mais terriblement inquiète. Le vétérinaire m’a promis d’appeler dès la fin de l’intervention, vers midi.

Le téléphone portable ne me quitte pas. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Mon estomac est noué. Je me répète comme un mantra « bats-toi petit chaton, accroche-toi, tu es un petit costaud ! ». Lorsque le téléphone sonne enfin, je suis paralysée. Ma fille m’enjoint de le décrocher. A l’autre bout du fil, le vétérinaire m’apprend que l’opération s’est bien passée, que le chaton est en réveil. Mais cette bonne nouvelle est vite nuancée. La radio n’avait pas révélé qu’une partie du foie était aussi passée de l’autre côté du diaphragme. L’organe a l’air intact. C’est déjà ça. Le chaton n’est pas sauvé pour autant, juste en sursis pour les prochains jours. Une partie de ses intestins n’a pas été irriguée en sang et le risque de nécrose est important. Lorsque je raccroche, je suis partagée, une nouvelle fois, entre le soulagement et l’inquiétude.
Le soir, nous allons tous les trois lui rendre visite. Je m’attendais à ce qu’il soit réveillé, mais il est encore endormi. Le choc post-opératoire, m’informe le vétérinaire. La respiration du chaton est calme, régulière, lente. Rien à voir avec celle de ces deux derniers jours.

Jeudi 21 septembre. Petit bout d’affaire, comme je le surnomme, est réveillé et semble en pleine forme. Il regarde autour de lui, miaule, prend son lait. Il arrive à se déplacer jusqu’à sa litière en traînant sa patte cassée. Elle se cogne sur les rebords du bac. J’ai mal pour lui.
Pour les jours à venir, le chaton restera à la clinique. Il sera suivi par l’équipe et devra prendre un traitement : antibiotiques, anti-inflammatoires, anti-douleurs.

Chaque jour, je continue à passer à la clinique, matin et soir. Il semble aller de mieux en mieux, même si le vétérinaire reste prudent. L’état de l’intestin l’inquiète.
Mais le week-end arrive : presque deux jours sans aller voir le chaton et prendre de ses nouvelles. Heureusement, comme promis, le vétérinaire m’appelle, le dimanche matin. L’état du petit bout est stable. Il a fait des selles, ce qui est bon signe.
Il se bat et a la rage de vivre. Je suis sûre qu’il vaincra. C’est mon petit « Rocky Balboa » !

Chaton après son opération abdominale

Ce lundi 25 septembre, le vétérinaire est optimiste. Il trouve que l’état du chaton s’est nettement amélioré. Il envisage de procéder à la seconde opération, celle de la patte. Mais ce sera seulement demain après-midi car le chaton a bu goulûment son lait ce matin et il n’est donc plus à jeun. L’opération sera longue : 3 heures. Le vétérinaire a un doute pour le tibia. L’os est si fin, qu’il ne sait pas s’il pourra mettre une plaque. Moi, ce qui m’inquiète, c’est la proximité des deux anesthésies générales.

Le soir, avec Melba, nous nous rendons à la clinique pendant la promenade. Je l’entends miauler. Melba s’est immobilisée, les oreilles dressées. L’auxiliaire va chercher le chaton. Lorsqu’elle revient, Melba se met à remuer la queue et se redresse pour voir le chaton qui est dans les bras de l’auxiliaire. D’une main j’aide Melba à rester debout et de l’autre je gratouille la tête du petit bout. Melba a l’air vraiment heureuse de revoir le chaton qu’elle a trouvé et retrouvé. Sent-elle qu’il va mieux ? Que sa vie n’est plus en danger ?

Mardi 26 septembre. L’opération n’aura lieu qu’en milieu d’après-midi, alors je vais le voir le matin. L’après-midi est longue sans nouvelles. Je passe quand même à la clinique lors de la promenade de Melba pour savoir. Mais le chaton est toujours au bloc. L’auxiliaire me rassure en me disant qu’il respire toujours. Ce n’est que vers 19 h que le vétérinaire m’appelle. L’opération s’est bien passée, le chaton a été mis en couveuse et se réveille. Mais – comme il faut toujours qu’il y ait un « mais » – la jeunesse de ses os a rendu la tâche plus ardue. Le vétérinaire ne peut garantir que les clous qui maintiennent les plaques resteront dans les os, encore trop mous. « c’est comme planter un clou dans une plaque de placoplâtre ». L’image choisie par le vétérinaire est parlante. Seconde inquiétude : une possible infection. Les antibiotiques seront continués dès le lendemain. Troisième inquiétude : les muscles de la cuisse. Le chaton ayant gardé sa patte cassée repliée, les muscles se sont raccourcis. Il faudra l’aider, par des séances de kiné, à plier sa patte au niveau de la rotule. Sans cela, la patte risque de se raidir et il faudra l’amputer. Encore une fois, lorsque je raccroche, je suis partagé entre le soulagement et l’inquiétude. Bien sûr, cette fois, ce n’est plus sa vie qui est en danger, mais j’espère qu’il n’y aura plus de complications et que le bout du tunnel arrive enfin.

Après sa seconde opération (chirurgie orthopédique)

Vers « Errance animale (3) partie 1 »

Vers « Errance animale (3), partie 3… l’épilogue »

Errance animal (3) partie 1

Dans la série « animaux trouvés », voici un nouvel épisode. Un épisode éprouvant pour mes nerfs et qui, aujourd’hui, connaît un heureux dénouement. Un nouvel épisode qui prouve, une fois de plus, que l’errance animale est un vrai problème dont les animaux sont les victimes innocentes.

Tout a commencé, il y a maintenant trois semaines.

Ce lundi 18 septembre, je reviens de l’entraînement de running avec Melba. Et oui, la miss, s’y est mise. Actuellement elle fait 8 km cinq fois par semaine en course rapide et deux jours de récupération avec cinq kilomètres aux côtés de ma fille – une « très grande sportive de haut niveau » (!) – en trottinant. Melba adore courir ! Le matin, quand elle me voit en tenue, elle ne tient plus !

Melba en tenue pour une randonnée. Chacun porte son ravitaillement !

Donc, je revenais d’un entraînement avec Melba et il ne nous restait qu’une centaine de mètres avant de franchir la ligne d’arrivée… pardon, le portail de la résidence, lorsque Melba pile net sur le trottoir. Je me retourne pour l’encourager à courir et je m’aperçois qu’elle renifle une petite boule de poils blanche et rousse.  Je m’approche et je découvre un chaton. Je suis surprise de le voir si exposé sur le trottoir. Il est tout petit et sa mère n’est pas là. Comme sur le parking de la résidence vivent des chats errants, je pense tout de suite à une des chattes qui a mis bas, il y a à peu près deux mois et que j’ai aperçue, deux jours auparavant, avec trois chatons dont, un blanc et roux. Enfin, blanc, c’est tout relatif, car se faufilant dans les moteurs de voitures, les chatons tirent plutôt sur le gris cambouis.
Je prends le chaton dans mes mains, pensant qu’il a dû quitter l’abri où sa mère cache ses petits et qu’il ne parvient plus à le rejoindre. Melba remue la queue, toute contente que je m’intéresse à sa trouvaille (elle adore les chats et en particulier les trois femelles qui vivent sur le parking !). Mais le chaton se met à hurler comme un dément, me griffe la main et le bras, me mord. Jamais je n’avais entendu un chat hurler comme ça ! Tout le quartier doit l’entendre et penser que je le torture ! Je mets ses cris sur le compte de la peur : une grosse truffe de Melba, puis des mains qui le saisissent, cela a de quoi être effrayant pour un petit chaton n’ayant connu que sa mère et sa fratrie.
Mais j’étais bien loin de la réalité !…
J’ai peur de le lâcher et je me dépêche de rejoindre la résidence, dans l’espoir de trouver la chatte. Une voisine me confirme qu’elle a déjà vu ce chaton avec la chatte brune (qui se trouve être la même qui m’a laissée, trois ans auparavant, un chaton de trois semaines sous ma voiture : ma belle Léïa !).

Léïa prend la pause pour la photo !

Dans mes mains, le chaton s’est calmé, il me regarde avec ses yeux bleus de bébé. Son regard me bouleverse. Melba découvre la chatte sous une voiture. Je pose le petit tout tremblant par terre. Elle s’approche, le renifle, lui donne des coups de langue et me feule (drôle de façon de me remercier de lui avoir ramener son chaton !). Le petit fait quelques pas, mais sa démarche m’intrigue. Il semble ne pas pouvoir se dresser sur ses pattes arrière. Bizarre pour un chaton qui est censé avoir presque deux mois !
Je ramène Melba à l’appartement, mais je n’arrive pas à m’ôter le chaton de la tête. Je suis heureuse de l’avoir rendu à sa mère, mais lorsque je repense à ses cris et à sa démarche, je suis prise d’un mauvais pressentiment.
Je redescends au parking, mais la chatte et son petit n’y sont plus. Je tente de me raisonner, de me dire qu’il est mieux avec sa mère et qu’elle a dû le ramener dans son abri. Pourtant tout le reste de la journée, j’ai un poids sur l’estomac et mes pensées me ramènent au chaton.
L’après-midi, je tourne dans la zone où Melba a trouvé le petit. J’essaie même de suivre la chatte. Mais je fais chou blanc. Lors de la promenade de Melba, je demande à la chienne de chercher le chaton. Mais elle me ramène toujours à l’endroit où elle l’a trouvé le matin même.
Le soir, je raconte à mon mari et à ma fille, ma rencontre avec le chaton. Je leur fais part du remord que j’éprouve de l’avoir rendu à sa mère.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une certitude : je dois le retrouver !

Ce mardi 19 septembre, comme tous les matins, je sors Melba à cinq heures pour faire ses petits besoins. En attendant qu’elle termine, je me dis que je vais repasser là où elle a trouvé le petit, la veille.
Je sursaute. Je viens d’entendre un miaulement. Un miaulement de chaton. Il me semble venir de la droite, là où Melba l’avait trouvé. Un deuxième miaulement. Sur la gauche ? Sur le parking où mangent les chattes à qui je viens de donner des croquettes ? Serait-il avec sa mère ? Je ne sais plus où je dois chercher. Avec tous ces bâtiments, le miaulement se répercute et je n’arrive pas à le localiser. Melba aussi l’a entendu. Elle est aux aguets, le corps tendu, les oreilles dressées. Un troisième miaulement. Je pivote d’un coup à 180 degrés. Il vient de derrière moi, d’un autre parking. Les miaulements continuent. Melba n’attend pas mon ordre et se précipite en direction des miaulements. Mais sur le parking il y une vingtaine de voitures. Sous laquelle ? Je croise les doigts pour que le petit continue à miauler. Je me mets à genoux et inspecte le dessous de chaque voiture. Sous un SUV, j’aperçois une petite forme claire, juste à côté d’un des pneus avant. Je m’approche à tâtons, terrifiée à l’idée que le chaton prenne peur en nous voyant et se glisse dans le moteur. Il ne bouge pas. Je l’attrape d’un geste rapide, pour ne pas lui laisser le temps de m’échapper. Comme la veille, il se met à pousser des hurlements de dément, me laboure la main avec ses griffes et transperce l’un de mes doigts avec ses petites dents. Je l’enveloppe dans mon gilet. Je tremble autant que lui. Mon cœur bat la chamade et j’ai les yeux mouillés. Je suis heureuse de l’avoir retrouvé.
Le chaton dans le gilet, Melba sur les talons et les doigts en sang, je me précipite vers la résidence. Sur le parking, les chattes mangent toujours. La mère du chaton n’a aucune réaction en entendant les miaulements de son petit. Cela me conforte dans l’idée que je ne dois plus lui rendre son petit. Si la veille j’avais cru qu’il s’était égaré, aujourd’hui je n’en suis plus sûre du tout. Comment ce chaton qui avait du mal à se déplacer hier, aurait-il pu se retrouver si loin, tout seul. Je suis persuadée que c’est sa mère qui l’a laissé sous le SUV. Mais pourquoi ? Pourquoi ne répond-t-elle pas à ses miaulements ? Pourquoi le laisser si exposé ?

A l’appartement, les miaulements du chaton ont réveillé tout le monde. Ma fille m’apporte la cage de transport. Je pose le chaton à l’intérieur et nous nous faisons toutes deux la même réflexion : son arrière train à un problème. Serait-il blessé ? Pourtant il n’y a pas de sang. Cassé ? Possible. Paralysé ? Peut-être. Les chattes de la famille s’approchent de la cage, renifle, intriguées.

Je suis devant la clinique vétérinaire dès son ouverture. C’est là que j’avais emmené Ivy après l’avoir sauvée de la quatre voies.

Ivy et ses deux soleils. « le chat ouvrit les yeux, le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, le soleil y resta » Maurice Carême. Une miss bien ronde et très bavarde !

J’attends avec une impatience mal contenue, l’arrivée du vétérinaire tout en surveillant le chaton. Il est blotti, roulé en boule et sa respiration est rapide. Très rapide. Trop rapide. Est-ce l’émotion, la peur ? Dès qu’il miaule je lui donne un peu d’eau avec une pipette que m’a fournie l’auxiliaire qui m’a accueillie. Il boit. Je trouve que c’est rassurant.

Mais je déchante lorsque je vois le visage de la vétérinaire s’assombrir lorsque celle-ci ouvre la cage pour examiner le chaton. Elle m’annonce d’emblée que sa respiration trop rapide est un mauvais signe. Elle l’ausculte. Le verdict tombe : Le diaphragme a un problème. Probablement une déchirure. Elle observe la couleur de ses mâchoires et de ses paupières. Elle soupçonne une hémorragie interne. Je lui parle de son arrière train qui s’affaisse. Pour elle, c’est soit une fracture, soit une atteinte à la moelle épinière. Elle est pessimiste sur l’état du chaton et ses chances de survie. Elle me propose deux solutions : abréger ses souffrances ou le garder 24 heures en réanimation médicale pour le stabiliser, le nourrir et voir l’évolution de son état. Il est si petit qu’elle ne sait pas si elle pourra le soulager avec des anti-douleurs.
Je dois prendre une décision : le faire euthanasier ou prolonger de quelques heures ses souffrances avec l’espoir infime qu’il puisse être sauvé. Je ne me sens pas bien. J’ai des points noirs devant les yeux, mes jambes se ramolissent. La vétérinaire voit mon malaise, me guide jusqu’à une chaise et l’auxiliaire m’apporte de l’eau sucrée. J’ai envie de pleurer. Si la veille, au lieu de le rendre à sa mère, je l’avais amené à la clinique, son pronostic vital aurait-il été si pessimiste ? Je regarde le chaton. Il respire vite. Il miaule aussi. Il plante ses yeux dans les miens. C’est trop dur. Comme il doit souffrir. Peut-être que la solution la plus raisonnable est celle de faire cesser ses souffrances. Pourtant, quelque chose me retient de prendre cette décision. Je me souviens des paroles du vétérinaire de Léïa lorsque celle-ci était petite et qu’elle avait du mal à s’alimenter : « C’est costaud, un chaton ! ».
Je me lance et demande à la vétérinaire de le garder en réanimation 12 heures pour commencer. On verra comment il évolue et si on prolonge… ou pas.

Le soir même je repasse à la clinique avec Melba. On a changé l’itinéraire de notre promenade pour prendre des nouvelles du chaton. J’ai une boule dans l’estomac durant tout le trajet. Dès que j’ouvre la porte de la clinique j’entends un miaulement. C’est lui, je le reconnais. L’auxiliaire m’emmène dans la salle des soins intensifs. Il est vivant même s’il respire toujours aussi vite. Ils lui ont donné un traitement pour le stabiliser et il accepte de boire du lait pour chaton à la pipette. Melba, qui nous a suivies, se met debout pour regarder le chaton blotti au fond de la cage.

Cette nuit-là, je ne dors pas beaucoup. Je n’ai qu’une hâte, retourner à la clinique pour le voir… en espérant qu’il survive. Toute la nuit, je lui envoie des pensées positives : « bats-toi mon petit » ; « courage ».

vers « Errance animale (3) partie 2 »

Coucou ! Me revoilou !

Salut, Salut…

Me revoici, me revoilà après de longs mois d’absence…

Un peu débordée ces derniers temps, j’ai dû mettre le blog de côté. Mais je vais tenter de trouver des moments pour publier quelques articles, histoire de mettre à jour le site, parce qu’il faut avouer qu’il a vécu sa petite vie de blog, tout seul pépère ces derniers mois.
Quelques nouvelles de par chez moi :
Melba a bien grandi : elle a presque 1 an. Elle est toujours aussi étourdie (dans le désordre, elle s’est cognée durant les promenades dans : un poteau, une poubelle, un rocher, un lampadaire, un pare-chocs de voiture, un banc public, un cocotier et même un mur !) et attachante (elle a gardé la même petite bouille aux oreilles tombantes).

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J’avais juste oublié qu’avoir un chien en appartement demande beaucoup de temps : la sortie du matin (dans l’aube glacée et encore obscure…) pour les petits besoins, la promenade du matin et celle du soir (entre quarante et soixante minutes chacune), les sorties en forêt du week-end et les randonnées en montagne pendant les vacances… je n’ai jamais autant marché ! Et Melba, jamais autant tricoté ! La ligne droite ? Connaît pas ! J’ai bien essayé de l’entraîner pour qu’elle vienne courir avec moi, mais (grosse) Melba n’aime pas la course à pied !

Autre nouvelle… Enfin autre petite nouvelle… histoire de continuer dans la série « errance animale » (j’en suis à combien là ? Trois, il me semble, avec cet article), je vous présente la dernière rescapée en date : Miss Ivy !

Il y a deux mois, en roulant sur la quatre voies de Sainte-Marie, j’ai aperçu ce petit chaton noir qui marchait sur la bande d’arrêt d’urgence. Je me suis arrêtée en catastrophe, j’ai couru jusqu’à lui et je l’ai pris dans mes mains. J’avais peur d’arriver trop tard : qu’il aille sur la voie avant que je ne l’attrape… et qu’une voiture lui roule dessus. Dans mes mains tremblantes (les émotions se bousculaient… la peur, la colère, le soulagement) je tenais un petit chaton squelettique et tout faible. Je sentais ses côtes, ses vertèbres et son sternum.

J’étais dans tous mes états (je suis assez émotive, je l’avoue, dès qu’il s’agit des animaux. Mais vous avez dû le remarquer étant donné le nombre d’articles les concernant) et les questions se bousculaient :
Que faisait-il sur la BAU* d’une voie rapide ? Aux alentours, il n’y a que des champs de cannes et aucune habitation.
Qui l’avait mis là ? Il était trop petit pour être arrivé là seul. Et son état de malnutrition laissait supposer qu’il avait été séparé de sa mère.
Et pourquoi ? A-t-on voulu s’en débarrasser à cause de la couleur de son pelage ? Il paraît que les chats noirs portent malheur !!!…

Une fois rentrée, je lui ai tout de suite donné à manger. Le chaton (qui s’est avérée être une femelle… encore une !) a dévoré une boîte entière de pâté pour chat, sous les regards courroucés de Mina (la vieille chatte de 18 ans) et de Léïa (une autre rescapée). Après un petit détour chez le vétérinaire (qui a estimé qu’elle avait alors à peine 2 mois), nous avons décidé de la garder (même si ça commence à faire du monde à l’appartement !).

Comme pour Melba, nous avons fait une petite liste de noms et c’est IVY qui a gagné. Pourquoi Ivy ? Parce qu’elle grimpe partout, comme le lierre (=Ivy en anglais).

La cohabitation n’a pas été facile au début, surtout avec Mina qui n’arrêtait pas de feuler, cracher et grogner dès qu’elle croisait Ivy. Mais Léïa y a gagné une camarade de jeux et les courses poursuites se multiplient ! Melba a vite été mise au pas par la petite nouvelle : dès qu’Ivy fait le gros dos, la chienne s’éloigne en baissant la tête… Oui, chez moi, ce sont les chattes qui font la loi… Et avec Mina, aujourd’hui, c’est le statu quo : elles se tolèrent, même si de temps en temps il y a quelques petites claques et des grondements.
En tout cas, Ivy est une petite chatonne adorable. Elle adore s’enfouir dans les peluches et sous les oreillers pour tétouiller et pétrir, tout en ronronnant (elle aurait encore besoin d’être avec sa maman). Elle a repéré, et s’est appropriée, tous les endroits les plus confortables : canapé, coussins tapissiers, rocking chair, lits et fauteuils !

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Je sais… je vous entends déjà… quatre animaux récupérés, c’est beaucoup non ? Pourquoi ne pas avoir déposé Ivy dans une association de protection animale pour qu’elle soit adoptée ? Et bien tout simplement parce qu’elle a un pelage noir !
Et alors ? (allez-vous me demander…) Et bien parce que les chats noirs ont du mal à trouver des familles d’adoption à la Réunion. Il paraît que les chats noirs portent malheur ! Vraiment n’importe quoi ! On se croirait encore au Moyen-Âge ! Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est la responsable d’une association de protection animale qui me l’a confié, le constatant, malheureusement, au quotidien : Les chats noirs – même le plus adorable des chatons ! – sont ignorés par la majorité des adoptants.

Ivy à son arrivée. A peine 800 grammes sur la balance du vétérinaire. Trop maigre pour son âge.

*BAU : Bande d’Arrêt d’Urgence