Un cachalot sur la route

Aujourd’hui, je voulais vous présenter un travail que nous avions à rendre dans le cadre le la licence 3 FLE. Ce devoir noté a été réalisé en binôme avec Sandra et avait pour consigne d’exposer et d’analyser un malentendu linguistique et culturel. Je vais vous épargner notre analyse et me contenter de vous donner à lire le dialogue, source de malentendu, que nous avions inventé entre un Réunionnais et un touriste métropolitaine.

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La coup’ cannes

coupeur de canne

Une intense activité règne dans les champs de cannes à sucre. On croise aussi sur les quatre voies de nombreux tracteurs tirant leur chargement de cannes et des cachalots. Non, pas des baleines, mais ces énormes camions exclusivement réservés au transport de la canne. Eh, oui, ça y est, la campagne sucrière 2014 a bien commencé. Et elle ne prendra fin qu’au début de la saison chaude, c’est à dire, vers la mi-décembre.

Dans les champs, les coupeurs de cannes, sabre à la main, coupent les tiges gorgées d’un jus sucré. Le travail est harassant sous le chaud soleil tropical. Et mieux vaut être bien chaussé pour éviter les brûlantes morsures des fourmis rouges, furieuses d’être dérangées. Dans les parcelles aux reliefs escarpés, là où les machines de coupe ne passent pas, seul l’homme peut, à la force de ses bras, couper les hautes tiges. Celles-ci seront ensuite chargées dans la remorque d’un tracteur puis acheminées vers la balance la plus proche. Là, le chargement sera pesé et sa teneur en sucre sera mesurée. C’est cette teneur en sucre qui déterminera le prix de vente du chargement. Les cannes seront ensuite chargées dans les cachalots et emmenées à l’usine. Et il faut faire vite, car une fois la canne coupée, sa teneur en sucre diminue.

Un petit creux durant une randonnée dans des cannes ? Facile !  On coupe une tige avec un bon couteau ou un sabre, on la pèle et on aspire le jus sucré !

En quelques chiffres… la filière canne-sucre à la Réunion c’est :

– 12 000 emplois directs et indirects.
– près de 3 600 producteurs.
– 3 400 exploitations.
– près de 25 000 hectares de champ, soit plus de 50 % des surfaces agricoles réunionnaises.
– 2 000 000 de tonnes de cannes livrées aux usines chaque année.
– 210 000 tonnes de sucre produit chaque année.
– 2 usines ( Le Gol et Bois Rouge)
– 3 distilleries (Isautier, Savanna, Rivière du mât)
– 540 000 tonnes de bagasse transformée en énergie, chaque année.
– 50 % de l’exportation réunionnaise.

Les différentes zones de production de la canne à sucre

Les différentes zones de production de la canne à sucre ( Source : panneau du Musée « La Saga du Rhum »)

légende carte

 

Et pour finir, un petit documentaire pour tout savoir sur la canne à sucre à la Réunion ;

Et des vieux ségas :

 

 

Sources :
Téréos
Musée La Saga du Rhum
Syndicat du sucre de la Réunion
La Chambre d’Agriculture de la Réunion
Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de la Réunion

Visite à Bois Rouge

rondlogobleu

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un complexe sucrier. C’est la première fois que je le visite (en fait, j’y suis allée exprès pour vous !… Sympa non?… Bon, j’avoue… Cela faisait un moment que je voulais y aller…).

carte Saint-André

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Au milieu des champs de cannes, à Saint-André, se dressent la sucrerie de Bois rouge, la distillerie de Savanna (qui était sur le site du même nom, à Saint-Paul jusqu’en 1992) et la centrale thermique.

aux abords de l'usineComme la visite s’est effectuée hors campagne sucrière, l’usine ne fonctionne pas. Mais des ouvriers sont présents pour assurer la maintenance et l’entretien des machines. Toutefois, il est possible de visiter l’usine durant la campagne sucrière. Ce sera beaucoup plus bruyant et animé car les visiteurs peuvent suivre le parcours de la canne, du cachalot jusqu’au chai.

La visite débute dans la boutique « Tafia* et Galabé* » par le visionnage de ce petit film :

 

Puis le guide nous distribue des charlottes et des casques de chantier. Il nous demande aussi de laisser dans la voiture tous les objets qui peuvent tomber ou s’accrocher (bijoux ou sacs). D’ailleurs, la visite ne peut se faire que si les visiteurs sont correctement habillés (en short ou en pantalon) et équipés de chaussures fermées. Seuls les appareils photos sont autorisés mais seulement dans certaines zones.

Usine sucrière de Bois RougeDevant l’usine, qui semble endormie, le guide nous explique que la canne est d’abord déchargée sur les tapis roulants, puis qu’elle est pressée pour récupérer un jus de canne très concentré, appelé sirop la cuite. Ce sirop contient tout le sucre à l’état pâteux, mais pas d’alcool. Son nom vient du fait que la cristallisation du sucre est déclenchée par cuisson. A la fin du processus, il reste une liqueur très concentrée en arôme et parfumée : la mélasse,  qui ne contient plus assez de sucre pour être utilisée en sucrerie, mais suffisamment pour faire du rhum.

tapis de déchargement de la canneLa fibre de canne pressée, quand à elle, devient de la bagasse qui est envoyée vers la centrale thermique où elle servira de combustible. Comme la bagasse est utilisée en temps réel sur la saison sucrière, la centrale utilise du charbon, hors campagne sucrière, pour continuer à fonctionner.

Maintenant, je sais aussi que le rhum traditionnel est fabriqué à partir de mélasse, alors que le rhum agricole est fabriqué à partir de jus de canne.

Nous nous rendons dans la distillerie et montons un escalier de métal. Autour de nous ce n’est que cuves gigantesques, immenses machines de métal et tuyaux.
A l’étage, les cuves de fermentation nous entourent. C’est à l’intérieur de celles-ci que les arômes vont être développés. La mélasse ou le jus de canne sont dilués avec de l’eau et des levures sont rajoutées. Ce sont elles qui vont déterminer les parfums. Le mélange est ensuite privé d’oxygène pour que la fermentation se déclenche. A la fin de celle-ci, le « vin de canne » est récupéré. Ce n’est pas encore du rhum, mais un produit intermédiaire.

cuves de fermentation

Le « rhum agricole » doit fermenter durant 36 heures, le « rhum traditionnel » durant 24 heures et le « grand arôme » entre 5 et 10 jours. A ce stade, tous les rhums sont transparents. C’est en fût qu’ils prennent leur couleur.
Le vin est ensuite envoyé dans la colonne de distillation. L’une d’entre elles, en cuivre, est sublime. Mais malheureusement, à partir de ce moment de la visite, on ne peut plus prendre de photos, ou filmer, car nous sommes entrés en zone atmosphérique explosive.
Même si l’usine ne fonctionne pas, l’odeur d’alcool est très forte (moi, j’ai même la tête qui se met à tourner…). Le guide explique que le vin de canne est injecté en haut de la colonne de distillation et que dans le même temps de la vapeur d’eau est injectée à sa base. La vapeur chargée de rhum est alors dirigée vers un condenseur.

Nous découvrons ensuite le chai où s’entassent des tonneaux de chêne et où se dresse un immense foudre. L’endroit est magique ! Mais là encore pas de photos ! C’est vrai que, même si l’immense pièce est bien ventilée, l’odeur de l’alcool reste très présente.

tickets Bois rouge
La visite se termine par une dégustation des différents rhums, des nombreuses confitures et des sirops produits par le site de Bois Rouge. Difficile de repartir les mains vides… la preuve, j’ai trouvé des verres de dégustation et une bouteille pour l’anniversaire de mon père, des confitures et du sirop pour ma fille.

achats

Pour en savoir plus sur l’itinéraire à suivre, pour vous rendre sur le site de Bois Rouge, et les visites guidées, rendez-vous ICI !

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* le tafia : mot créole qui désigne un rhum que l’on consommait sans le laisser vieillir.
* le galabé : sucre brut de canne encore empli de mélasse.