Un vote pour l’inventaire des arbres remarquables.

La semaine dernière, j’ai présenté l’inventaire des arbres remarquables de la Réunion du CAUE où j’avais été surprise de ne pas y trouver l’imposant banian se trouvant au rond-point de la sécu de Saint-Denis.

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Cimetière La Peste

Alors déjà, non, je ne suis pas obsédée par les cimetières en ce moment, un mois après l’article sur le Cimetière de l’Est, mais j’avais envie de continuer à vous faire découvrir ces lieux mal aimés.
Aujourd’hui, découverte d’un petit cimetière qui, s’il ne paie pas de mine au premier abord, a une histoire qui ne laisse pas indifférent. Car les cimetières aussi peuvent être les témoignages de l’histoire d’un lieu et d’une communauté.

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Le moringue, art martial réunionnais

source : ImazPress

Originaire de Madagascar – sous le nom de moraingy – le moringue est un sport de combat pratiqué à la Réunion et dans d’autres îles de l’Océan Indien.

A l’origine, ce sport de combat est beaucoup plus violent que celui pratiqué actuellement à la Réunion : Bien que les pratiquants combattaient à mains nues, les coups de pied, de genoux et de tête étaient acceptés. Seules les techniques de combat de corps à corps étaient interdites.

Si on peut encore trouver des pratiques authentiques de cet art martial à Mayotte et à Madagascar, la version réunionnaise, créée en 1996, utilise des techniques proches de la capoeira brésilienne et a donc  peu de choses en commun avec le moringue originel.

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Visite du Cimetière de l’Est

Sur le front de mer de Saint-Denis, un long mur blanc sépare le boulevard Lancastel de la mer. Ce mur ceinture les dernières demeures de nombreux Réunionnais des siècles précédents et de nos jours.
Je vous invite à pénétrer et à découvrir le Cimetière de l’Est.
Armez-vous d’une casquette, car lorsque le soleil brille, il y fait très chaud et l’insolation est vite arrivée. Ici, pas un seul arbre pour offrir son ombre rafraichissante au visiteur. Vous ne pourrez compter que sur celle des caveaux.

Pourquoi un article sur un cimetière, vous demandez-vous ? Sinistre ? Non, car le Cimetière de l’Est est un lieu qui mérite que l’on s’y arrête. Comme quoi, les musées et les anciennes demeures ne sont pas les seuls lieux mémoriels à raconter aux visiteurs, l’histoire d’une population, d’une région, d’une époque.
Lorsque l’on franchit l’un des nombreux portails du Cimetière de l’Est, on est frappé par la taille du lieu, mais aussi par la variété des tombes qui s’y trouvent. Certaines, toutes blanches, sont d’une grande simplicité alors que d’autres sont couvertes d’un précieux marbre gris ou rose. Certains caveaux, austères et sombres, côtoient des caveaux richement décorés. La statuaire aussi se fait diverse. Des statues de pierre grise, taillées par des artisans des siècles passés, sont rongées par les années, le sel de la mer trop proche, les intempéries et – de nos jours – les gaz des pots d’échappements.
Par endroit, des taches de rouge et de jaune vifs – que l’on comprend ne pas être des bouquets de fleurs – attirent le regard et intriguent le visiteur peut habitué à voir ces couleurs dans un tel lieu. Des tombes fleuries et entretenues avoisinent des tombes oubliées et délaissées.
Au fil de sa promenade, le visiteur traverse les siècles en déambulant entre des monuments uniques et anciens et d’autres froids et standardisés.

Un petit historique du Cimetière de l’Est, juste pour se mettre dans l’ambiance du lieu…

C’est en 1825 qu’est créé, à l’est de Saint-Denis, un nouveau cimetière. Il gardera le nom de Cimetière de l’Est pour se différencier du Cimetière de l’Ouest, implanté en 1784, et abandonné par la suite, pour cause de problèmes de salubrité publique. Un nouveau cimetière s’avère alors nécessaire.
Un nouveau cimetière plus grand, démographie et urbanisation obligent.
Mais quelques décennies plus tard, ce nouveau cimetière montre ses limites. En 1850, la première concession est agrandie de 800 mètres. Composé de lots, cet agrandissement est sillonné d’allées ombragées par des filaos (aujourd’hui disparus, malheureusement). D’autres agrandissements seront par la suite nécessaires. De nos jours, le cimetière a atteint sa taille maximale. Saturé, plus aucune concession n’y est attribuée. Seules les familles possédant déjà des concessions peuvent y faire inhumer leurs défunts.

Repose en paix…

Le Cimetière de l’Est n’est, semble-t-il pas, un lieu de tout repos pour ceux qui, justement, y prétendent pour l’éternité. En effet, le mur nord du cimetière, celui qui sépare l’Océan Indien des tombes, a été emporté de nombreuses fois par les vagues cycloniques. Lors d’une de ces destructions, en 1948, ce pan de mur ne sera reconstruit que 20 ans plus tard.
C’est pour cette raison que tout visiteur déambulant dans le Cimetière de l’Est peut observer une densité plus importante de tombes le long du mur sud. A l’origine, ce mur séparait le cimetière de la voie ferrée. Lorsque celle-ci est remplacée par le Boulevard Lancastel – dans la seconde moitié du XXème siècle – les accès existants dans le mur sud sont fermés.

source : cimetière de l’Est

Cimetière marin… Cimetière de marins…

Comme je le disais en début d’article, le Cimetière de l’Est est loin d’être l’un de ces cimetières aux tombes toutes standardisées, sorties tout droit d’usine, toutes identiques avec leur marbre gris, froid et impersonnel – hormis dans la partie la plus récente, où l’on peut en effet observer quelques tombes de ce type. Il faut pénétrer plus loin pour découvrir un peu de l’histoire de la Réunion. En effet, le Cimetière de l’Est est le plus important cimetière marin de l’île. Depuis 1929, marins, capitaines, enseignes de vaisseau… y sont inhumés.

En cherchant bien – ou en demandant de l’aide au personnel, ce sera beaucoup plus simple – vous découvrirez la tombe de Charles Pierre Sion, enseigne de vaisseau, mort en 1881, à Saint-Paul, à l’âge de 22 ans ou Jean-Baptiste François Guillaume Lerestif, capitaine au long-cours.

Le statut social est important, même dans la mort

Le Cimetière de l’Est c’est aussi l’histoire des hommes et des femmes venus de leur plein grès – ou pas – à la Réunion. Car même dans la mort, les statuts sociaux ont encore leur importance : on ne mélange pas esclaves et hommes libres, riches propriétaires et modestes pêcheurs. Les morts ont leurs « quartiers », tout comme ils en avaient de leur vivant.
Petit rappel historique : La Réunion a été une colonie, où de nombreux hommes et femmes venus d’Afrique, ont été réduits en esclavage pour travailler dans les champs de caféiers puis de cannes à sucre et cela jusqu’en 1848, année de l’abolition de l’esclavage. Et même mort, un esclave restait un esclave. Si la mort le libérait de ses chaînes, elle ne lui rendait pas son statut d’homme libre. Lorsqu’ils mouraient, les esclaves étaient séparés des défunts de la population libre. Murs et entrée distincte séparaient les lieux d’inhumation. Seule Toinette – une esclave affranchie – a été enterrée au Cimetière de l’Est. Sa tombe de marbre blanc est entourée de tombes d’hommes et de femmes libres.


Et parmi la population libre, des distinctions sont apparentes même dans la mort. Au nord du cimetière, les riches font édifiés d’énormes et somptueux caveaux ou pierres tombales. Au sud, les tombes des plus modestes se côtoient de façon désordonnée. Ici, pas d’allées et de belles pierres tombales.

Un muret ou quelques galets peints en blanc, délimitent les tombes et l’on se voit parfois obliger de les enjamber pour passer, tant la progression s’avère difficile dans cette partie du cimetière.


Quant aux condamnés à morts, ils sont relégués loin des autres défunts, dans un espace extérieur.

Un mélange de peuples et de religion

Le Cimetière de l’Est est aussi le témoignage de la pluralité ethnique et de la multiplicité des religions de l’île. En arrivant vers le centre du cimetière, le visiteur peut découvrir des sépultures longues et arrondies sur le dessus. Ces anciennes sépultures chinoises ont adopté le modèle Hakka.

L’architecture funéraire chinoise symbolise l’harmonie universelle.

Les Hakkas représentent une grande partie des ancêtres des Réunionnais descendants de Chinois. La présence de croix sur leurs tombes est la preuve du processus de christianisation de ces bouddhistes.

Les traditions des provinces d’origine sont respectées dans l’aménagement du cimetière

Autre peuple et autre religion : les Indiens engagés introduits dans l’île après l’abolition de l’esclavage. Plus de 120 000, débarqueront à la Réunion et y resteront. Contrairement à la coutume hindouiste qui incinère ses morts, les Indiens vivants à Saint-Denis seront inhumés au Cimetière de l’Est.
Comme pour les Hakkas, le processus de christianisation est visible sur les tombes des engagés. Souvent, ceux-ci pratiquaient le double culte.
Mais, à partir des années 1970, les Indiens ne veulent plus cacher leur croyance religieuse. Sur les tombes, les couleurs vives et des signes ostentatoires font progressivement leur apparition, témoignant de leur appartenance culturelle hindouiste. Surplombant les tombes hindoues, le trident en hommage au dieu Shiva se dresse, d’un jaune vif presque aveuglant à la lumière du soleil. Colliers de fleurs, foulards colorés, symboles hindous s’affichent sur les tombes.

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D’autres « célébrités » de l’île sont inhumées au Cimetière de l’Est :

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Loin des cimetières modernes composés d’innombrables tombes identiques, faites de marbre ou de granit gris, le Cimetière de l’Est montre à voir de nombreux édifices néoclassiques, preuve de l’importance des métiers d’art au XIXème siècle. Ce n’est qu’à partir de 1946 que la standardisation des tombes mettra fin aux métiers de tailleurs de pierre, de sculpteurs, de maçons et de ferronniers au Cimetière de l’Est.

source des informations :
– Cimetière de l’Est

 

Pierres de mémoire

Depuis que la chienne Melba est entrée dans ma vie, mes journées sont rythmées d’une sortie running avec elle, le matin, et d’une promenade, le soir. Chaque jour, vers 17h00, j’emprunte invariablement le même itinéraire (pas d’autres choix, en ville) pour que Melba puisse se défouler les « papattes » et faire ses « petites affaires »… C’est grâce à ces promenades quotidiennes que j’ai découvert un lieu auquel je n’avais jamais prêté attention jusqu’alors. Il faut dire que j’y passais en courant, sans prendre le temps de m’y arrêter pour savoir qu’elle était cette étrange installation de pierres…

En effet, sur l’esplanade de la Trinité, derrière la médiathèque François Mitterrand de Saint-Denis, se dressent sept pierres de différentes tailles et formes. En se rapprochant, on remarque que les pierres sont gravées. Gravées dans des langues différentes. Les graphies chinoises et tamoules sont immédiatement identifiables. Une troisième est couverte d’un texte en anglais. Pour les autres, on hésite. Est-ce du français ? Du créole ? On repère quelques mots rappelant du malgache ou du créole sur deux pierres. Et puis que signifie les textes ? Pas facile de les comprendre. On tourne autour des pierres pour déchiffrer les mots. L’une d’elle semble être en français, mais les mots sont étranges, inconnus tout en étant familiers. Troublant. Alors pour en savoir un peu plus sur ce lieu et ces pierres j’ai mené ma petite enquête.

Archipel de pierres gravées

Ces pierres font partie d’un ensemble plus vaste qui compose le mémorial aux esclaves de la Réunion. Il a été inauguré le 20 décembre 1998 à l’occasion des cérémonies du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage à la Réunion (petit rappel, Sarda Garriga a annoncé que l’esclavage était aboli sur l’île, le 20 décembre 1848). Ce sont deux dalles gravées, posées sur l’herbe, comme un livre ouvert, qui nous l’apprennent. On découvre aussi que les pierres gravées ont été réalisées par Eric Pongérard, sculpteur réunionnais et que les textes ont été écrits par Pierre-Louis Rivière, écrivain réunionnais.


Chacune des sept pierres a été gravées dans une des langues des communautés ayant créé la langue créole : le français, le tamoul, le malgache, le swahili, le chinois, l’anglais et, bien sûr, le résultat de tout ce métissage linguistique : le créole.  Mais pourquoi avoir gravé des pierres ? Pour le sculpteur, il s’agissait d’un travail de scarification de la pierre. Ces gravures symbolisent les scarifications qui servaient à marquer les esclaves. Des marques indélébiles sur la peau, des cicatrices en relief.

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Ces pierres n’ont pas été posées au hasard sur l’esplanade. Elles sont dressées sur des petites buttes de terre et d’herbe qui semblent émerger du sol, comme autant d’îles composant un archipel. En se plaçant dos à Saint-Denis, le positionnement des pierres prend sens. La pierre gravée en créole s’impose. A sa droite, la pierre gravée en Swahili, symbolisant l’Afrique, et à sa gauche, la pierre gravée en malgache pour la grande île qu’est Madagascar. Un peu plus loin, l’Inde et la Chine sont symbolisées par les pierres gravées en Tamoul et en Chinois. Les deux autres pierres représentent l’Europe avec celle gravée en anglais et celle gravée en français, qui est la plus éloignée. Autour de ces pierres, des arbres majestueux se dressent. Rappel des pays évoqués par les pierres, comme les baobabs d’Afrique ou l’imposant banian venu de l’Inde…


Un peu plus loin, un croissant de béton semble sortir de terre, comme si on avait creusé pour le mettre à jour.

Au centre de ce mur incliné, encore des mots gravés dans la pierre : « à la mémoire des esclaves réunionnais 20 décembre 1848 / 20 décembre 1998 ». Pour le sculpteur, ce mur incliné symbolise un pouce géant qui aurait appuyé sur le sol pour y laisser son empreinte. Un pouce qui aurait fouillé la terre en quête de traces.
Au moment de l’inauguration, Les mots gravés sur le mur n’existaient pas. A la place, sept plaques de verre ciselées avaient été fixées sur le mur de béton. Des plaques portant les noms de 1848 esclaves, en mémoire aussi à l’année de l’abolition. Mais suite à des actes de vandalisme, les sept plaques ont été remplacées par une plaque de basalte portant une inscription à la mémoire des esclaves.

A quelques mètres, à gauche de ce mur, six stèles de métal rougi semblent surgir de terre en formant un arc de cercle.

En se rapprochant, on découvre que chacune d’entre elles présente un personnage qui a marqué l’histoire de la Réunion : Etienne Régnault, commandeur de Bourbon et fondateur de Saint-Denis ; Félix Guyon, chirurgien et fondateur de l’école urologique française, né à la Réunion ; Furcy, un affranchi ; Catherine Heros, l’une des premières femmes de l’île ; Anne Mousse, une des premières natives de l’île (peut-être même la première) ; Abdelkrim Al-Katthabi, chef de guerre exilé à la Réunion.

    

    

     

Ces pierres gravées – que l’écrivain, Pierre-Louis Rivière décrit dans son texte comme des « crânes anciens, roches hantées par l’âme des morts » – et l’inscription du mur sont un bel hommage aux esclaves, dont les noms et les sépultures ont été oubliés. Elles racontent, à leur manière, l’histoire de l’île de la Réunion, ancienne colonie française. Une histoire née dans la souffrance et l’humiliation de l’esclavage. Avec, au final, une île unique où des peuples différents se côtoient pour n’en former qu’un et des langues d’origines diverses qui ont donné naissance au créole réunionnais.

Ce lieu de mémoire a été inauguré en présence de nombreuses personnalités politiques et religieuses de la Réunion : le représentant de l’UNESCO, le Ministre de l’Outre-Mer, le Député Maire de Saint-Denis, le Préfet de la Réunion, le Président du Conseil Général, le Président de la Région, le Président du comité de la célébration de l’abolition de l’esclavage. Aux côtés de tout ce beau monde, de nombreux Réunionnais sont venus assister à l’évènement.  A l’origine du projet du mémorial, le FRAC (Fond Régional d’Art Contemporain). Le projet de l’esplanade a été choisi par la ville de Saint-Denis et financé par le Conseil Général.

Mais toutes ces personnalités et ces curieux – ainsi que les promeneurs qui déambulent chaque jour sur le mémorial – n’ont sans doute pas réalisé le travail titanesque que le projet nécessitait. Les pierres ont été acheminées depuis la Montagne et placées sur l’esplanade. Elles ont été sculptées sur place par l’artiste, qui a veillé à en respecter les formes et les ondulations. Le sculpteur a débuté sa gravure par le haut de la pierre, et a tourné autour d’elle jusqu’en bas. Le texte, quant à lui, a été confié à un écrivain réunionnais. Mais pas question pour le sculpteur de graver un texte moralisateur, historique ou didactique. Place à la poésie et à la magie. L’artiste veut une « sculpture de mots ». Alors l’écrivain s’amuse avec les sonorités créant un texte énigmatique où les mots s’entrechoquent, se télescopent, s’inventent. Un texte que le curieux est amené à décrypter, tel un archéologue.

Voulez-vous vous amuser à décrypter le mystérieux texte des pierres ? Voici la version en français créé par Pierre-Louis Rivière et gravé par Eric Pongérard :

« devenaître hemmne. aller, alliés. écrouler le trembletrouble. mormur. mémorte de l’île exailée et l’amer. bonrbons suâcrés, esclavolés. encamp d’enchaîn aboyli. s’éffalcent les routes, les larmes même. horigêne. hontétue. je caresse la rochecrâne hentée, sans peur. aux peaupierres, éclosent les évoulûttes enluminhumaines. muez ! muez ! errebois, arbres marcherrants. rêvivre, andrihonour, humamhoureux de la divoîle morgabelle »

Alors ? Vous avez réussi ? Pas facile hein ? Allez, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps. Voici la version transmise aux traducteurs. Magnifique, non ?

« Devenir, naître enfin humain, pleinement, comme un chant. Aller, avancer solidaire. Abattre la peur qui nous empêche, cesser les murmures stériles. Sortir de l’oubli la mémoire de l’île aux ailes arrachées, et le passé amer. L’histoire volée de l’esclavage, masquée derrière le sucre des images. Histoire d’hommes vendus aux enchères, de camps, histoire de marrons, Anchain, hommes abolis par la rage des chiens. Un jour l’avenir s’efface, falsifié, le passé aussi. Reste la gêne horrible de l’origine, cette honte tenace. Moi, je caresse des crânes anciens, roches hantées par l’âme des morts et je n’ai pas peur. À fleur de pierres, greffes nouvelles, éclosent en volutes les luttes voulues, enluminures de l’histoire humaines. Muez ! Muez ! Arbres errants, hommes pour demain. Revivez le rêve d’or, honneur d’Andrianoro, humanité enfin heureuse, amoureuse de la Diva Morgabin, l’île divine, voile levée sur l’océan, belle et orgueilleuse. »

Qu’en est-il de ce mémorial à ciel ouvert, presque vingt ans plus tard ?
Les pierres sont toujours dressées fièrement, bravant le temps et les éléments. Des promeneurs s’arrêtent pour découvrir les personnages historiques dont la vie est écrite sur les stèles de métal. D’autres déambulent entre les pierres gravées, tentant d’y lire les inscriptions. Certains s’assoient à leur pied pour lire un roman ou méditer. D’autres encore n’y font que passer, ne prêtant aucune attention aux pierres ou au mur. Et, chaque fin de semaine, des familles se réunissent autour et dans le mémorial pour le pique-nique dominical. Mais ces familles qui festoient, la musique à fond en ce lieu de mémoire, ont-elles conscience de ce qu’il représente ? Le voient-elles encore ? En comprennent-elles le sens ? Pas sûr. Surtout lorsqu’après leur départ, le sol est jonché de restes de pique-nique.
Ce mémorial, lieu de mémoire, d’hommage et d’histoire, mérite d’être respecté et préservé des actes de vandalisme. Et pour cela il semble nécessaire de lui redonner du sens, car pour beaucoup de nos concitoyens, la symbolique du lieu reste hermétique. Ce mémorial doit demeurer un lieu de méditation, de recueil et d’hommages, où les manèges bruyants et colorés n’ont pas lieu d’être (en octobre 2011, des manèges avaient été installés sur l’esplanade, provoquant l’indignation du CRAN Réunion (Conseil Représentatif des Associations Noires) face à la profanation du mémorial. Afin de rappeler à la mairie de Saint-Denis ses responsabilités, chaque pierre avait été revêtue d’un foulard noir.)

Alors, si vous passez par là, arrêtez-vous et prenez le temps de déchiffrez les pierres.

sources :
Défense du patrimoine architectural de la Réunion
Zinfos974

Le métissage est le futur du monde

Reza Deghati, photojournaliste au National Geographic sillonne à la planète depuis 35 ans, à la fois pour montrer des beautés présentes en chaque être humain que pour dénoncer les injustices. Ses photos connues dans le monde entier témoignent des différentes facettes de l’humanité.

Invité à venir animer des ateliers photographiques dans le sud de l’île, le photojournaliste s’est vu remettre la distinction d’ambassadeur d’honneur de La Réunion.

Le film « Futur : Reza et le futur du monde », tourné à la Réunion en 2016 et réalisé par Philippe Bonhomme fait l’éloge du vivre ensemble et du métissage. Reza Dhegati a trouvé en l’île de la Réunion une préfiguration du futur, loin des communautarismes et du repli sur soi. Pour le photojournaliste Franco-iranien, le monde de demain sera à l’image de la Réunion : un métissage d’ethnies et de couleurs de peau. La Réunion est à ses yeux un village universel, une terre de « paysages de visages ».
L’objectif de ce film est de lutter contre les ignorances et les peurs en mettant en valeur l’harmonie du métissage de la société réunionnaise.

Je vous propose le visionnage de la bande-annonce :

Pour découvrir les magnifiques photos de Reza, rendez-vous sur son site