Pierres de mémoire

Depuis que la chienne Melba est entrée dans ma vie, mes journées sont rythmées d’une sortie running avec elle, le matin, et d’une promenade, le soir. Chaque jour, vers 17h00, j’emprunte invariablement le même itinéraire (pas d’autres choix, en ville) pour que Melba puisse se défouler les « papattes » et faire ses « petites affaires »… C’est grâce à ces promenades quotidiennes que j’ai découvert un lieu auquel je n’avais jamais prêté attention jusqu’alors. Il faut dire que j’y passais en courant, sans prendre le temps de m’y arrêter pour savoir qu’elle était cette étrange installation de pierres…

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Héva et Anchaing

L’histoire de la Réunion s’est écrite dans le sang et la sueur des esclaves. Leurs conditions de vie et de travail inacceptables et terribles ont pourtant donné naissance à de belles histoires, pleines d’espoir et de rêves de liberté. Comme celle d’Héva et d’Anchaing. Ce couple n’a pas d’histoire officielle, mais plutôt une légende, enfin pour être précise, une légende aux multiples versions.

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Aujourd’hui est un jour de fête et de commémoration à la Réunion.

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Le 20 décembre, les Réunionnais célèbrent la « fête de la liberté » ou « Fet Kaf » qui commémore la proclamation de l’abolition de l’esclavage par Sarda Garriga, le 20 décembre 1848, à la Réunion.
Bien que ce jour soit considéré comme férié sur l’île, beaucoup de magasins restent ouverts (approche des fêtes de fin d’année oblige). Par contre dans toutes les communes, des manifestations sont organisées : expositions, « kabars » (concerts, fêtes), défilés… A saint-Denis, Chaque quartier a défilé au son des instruments traditionnels et dans des costumes plus colorés les uns que les autres.

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Un peu d’histoire…

Avec le développement de la culture du café à l’île Bourbon – au XVIIIème siècle – de nombreux esclaves sont amenés dans l’île. Ils proviennent majoritairement de Madagascar, de l’Inde et d’Afrique de l’Est. Entassés à fond de cale dans des bateaux négriers, beaucoup périssent durant le voyage. Arrivés à Bourbon ils deviennent un « bien meuble », une marchandise et une force de travail que l’on négocie, vend et achète. Ils ne possèdent rien mais sont la possession d’un maître qui leur attribue un nouveau nom afin d’affirmer encore plus sa propriété et de les couper de leurs racines.

En 1723, paraît le Code Noir (directement inspiré du Code Noir des Antilles, daté de 1685) composé de 54 articles qui organisent l’esclavage. Les esclaves y sont considérés comme des « biens meubles » – comme le sont un cheval ou une table – et peuvent donc être vendus, donnés ou légués en héritage (article 44). C’est le maître qui donne son autorisation pour les mariages (article 11) et tout enfant né d’esclaves est esclave lui aussi (article 12).


Le code Noir précisait aussi les punitions auxquelles étaient soumis les récalcitrants. Ainsi l’esclave qui osait frapper son maître était puni de mort (article 33). Même peine pour l’esclave qui était surpris à voler (article 35). Quand aux esclaves qui osaient s’enfuir (on les appelait les « marrons »), leur punition était terrible : oreilles coupées et marquage au fer sur l’épaule pour la première tentative, jarret coupé et marquage au fer sur l’autre épaule pour une seconde tentative, exécution pour la troisième fuite (article 38).
Le code noir impose aux maîtres de fournir à chaque esclave des habits (article 25) et de la nourriture (article 22). Il impose aussi des limites afin d’éviter que les maîtres infligent des punitions abusives et barbares… Mais la réalité était tout autre et beaucoup de maîtres faisaient comme bon leur semblait, car rarement inquiétés pour leurs excès…

Suite à la Révolution française de 1789, l’esclavage est aboli en 1794. Afin d’annoncer aux colonies l’abolition de l’esclavage, des émissaires du gouvernement furent envoyés à la Réunion. Mais les colons et les assemblées coloniales de l’île refusèrent de mettre en oeuvre ce décret. En 1802, Napoléon Bonaparte rétabli la condition servile. La traite, supprimée en 1801, devint clandestine. En 1848, le gouverneur provisoire de la IIème république aboli définitivement l’esclavage dans les colonies et les possessions françaises (décret du 27 avril 1848). A la Réunion, 62 151 esclaves sont concernés, soit 60% de la population totale de l’île (qui s’élevait alors à 102 584 habitants).

Proclamation abolition Sarda Garriga

Le commissaire de la République Sarda Garriga arrive dans l’île le 13 octobre 1848. Il a été chargé par le gouvernement provisoire de mettre en oeuvre le décret. Quatre jours plus tard, il promulgue le décret d’abolition et le 24 octobre il officialise le texte sur le travail obligatoire pour les nouveaux affranchis. Durant près d’un mois, Sarda Garriga parcourt l’île afin de rassurer les propriétaires d’esclaves qui craignent la vengeance de leurs esclaves et qui sont inquiets de la perte de cette main d’oeuvre gratuite. Sarda Garriga informe aussi les anciens esclaves sur leurs droits et devoirs que leur impose leur nouveau statut. Il leur conseille de travailler chez leurs anciens maîtres sans quoi ils seront considérés comme vagabonds.

Ce n’est que le 20 décembre 1848 que la liberté sera accordée aux esclaves, soit deux mois après la promulgation du décret par Sarda Garriga (comme précisé dans l’article 1er du décret du 27 avril 1848).

Un petit doc audio et un test de compréhension orale ici (test2) !

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