Opération « des poules pour réduire vos déchets » : le bilan

Rappelez-vous. Il y a quatre mois, je vous parlais de l’opération « des poules pour réduire vos déchets » lancée par le Territoire de la Côte Ouest (TCO).
Et bien, aujourd’hui, c’est l’heure du bilan.
Alors, quatre mois après le début de cette opération, quels en sont les résultats et quelles conclusions en ont été tirées ?

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Des poulettes pour réduire les déchets

« Dann tan lontan » (autrefois), chaque « case » (maison) avait son poulailler. Les poules étaient nourries des épluchures et des restes alimentaires et, en contre-partie, elles offraient des oeufs frais et un engrais naturel prêt à l’emploi. Parfois, elles finissaient aussi dans la marmite, mais ça, c’est une autre histoire, qui ne nous intéresse pas ici…
Bref, revenons-en à nos poules réductrices de déchets organiques… L’urbanisation grandissante de la Réunion et la multiplication des immeubles, ont participé à la raréfaction de cette pratique. Seuls ceux qui possèdent un jardin peuvent encore aménager un enclos et un poulailler.
Encore faut-il savoir comment si prendre…
D’où l’intérêt de cette expérimentation du territoire de la côte ouest (TCO) qui durera cinq mois, de janvier à mai 2018.
Le 23 novembre 2017, le TCO a lancé un appel à candidature dans le cadre de l’opération « Des poules pour réduire ses déchets ». Le concept est simple, il suffit de nourrir les animaux avec les restes alimentaires dans le but de réduire les déchets organiques.
Voici quelques données transmises par le TCO dans son communiqué :
  • Un habitant du TCO a produit, en moyenne, 545 kg de déchets en 2016.
  • Environ 15% de ces déchets sont composés de déchets de cuisine (épluchures, restes de repas, de riz, de pâtes, de pains, etc.), ce qui représente environ 75 kg/habitant/an.
  • Une poule serait capable de manger plus de 100 kg de nourriture chaque année. Elle est omnivore et peut donc se nourrir d’une grande partie des déchets de cuisine.

 

Alors les poulettes, une solution efficace pour réduire ses déchets organiques et lutter contre le gaspillage alimentaire ? C’est ce qu’a voulu vérifié le TCO en lançant cet appel à candidature à destination des foyers de la côte ouest. Mais pas que les foyers : écoles, entreprises, restaurants, crèches… étaient les bienvenus !
Vingt foyers témoins ont été sélectionnés sur les 123 candidatures reçues en 1 mois. Parmi ces foyers , une école : l’école élémentaire publique Aliette Hortense de La Saline.

Pour être sélectionné encore fallait-il répondre à des critères très stricts :

  • Être implanté sur le territoire de la côte Ouest (La Possession, Le Port, Saint-Paul, Trois-Bassins ou Saint-Leu)
  • Disposer d’un jardin ou d’un espace extérieur non bétonné et sécurisé
  • Ne pas avoir de composteur ou d’animaux remplissant déjà la fonction de « réducteur » de déchets
  • Être disponible pendant la durée de l’opération du 7 janvier au 26 mai 2018, ou s’engager à assurer la continuité de l’action en cas d’absence

Le TCO a offert aux vingt foyers témoins deux poules, un poulailler fabriqué à partir de palettes recyclées (recyclage, toujours !), du matériel de pesée et un guide.

 

Durant toute la phase d’expérimentation, les foyers vont être accompagnés par le TCO et les membres de l’Association Eco Manifestation Réunion. Les participants bénéficieront ainsi de précieux conseils sur l’installation et l’entretien du poulailler ainsi que sur les soins à apporter aux poules.
En contrepartie, les foyers ont dû construire un enclos afin que les poules puissent gambader en toute sécurité, ils devront peser les déchets organiques donnés aux poules, faire des retours réguliers de l’expérience auprès du TCO et cela durant les cinq mois de l’expérimentation. A la fin, ces données permettront au TCO de dresser un bilan objectif.
Ah, j’oubliais… interdiction pour les foyers de vendre ou de manger leurs poules. Du moins pour la durée de l’expérience !

Pour certains de ces foyers, avoir des poules était déjà un souhait, mais ils n’avaient jamais franchi le pas. La crainte était souvent celle de ne pas y arriver, de ne pas savoir faire. Grâce à l’accompagnement dont ils bénéficieront pendant cinq mois, ces foyers y voient une chance de mener à bien leur projet.

Sources :
TCO