Pirate des Mascareignes II

Dans un précédent article, je vous contais les aventures du pirate Henry Avery que j’avais, par hasard, découvert. Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un célèbre pirate ayant lui aussi sévi dans l’océan indien, Olivier Le Vasseur, plus connu sous le nom de La Buse. Il doit ce surnom au fait qu’il attaquait les navires chargés de richesses à la vitesse d’un rapace piquant sur sa proie.

Olivier Le Vasseur serait né à Calais, en France à la fin du XVIIe siècle. Fils de pirate, il commença à sévir dans les Caraïbes où son équipage abordait les navires qui rentraient en Europe, chargés de précieuses marchandises venant du nouveau monde. Mais la concurrence était rude et La Buse décida de se rendre dans l’océan indien afin d’arraisonner les navires qui empruntaient la route des Indes.
En 1721, La Buse et le pirate anglais Taylor attaquèrent un énorme navire portugais, la Vierge du Cap, venu trouver refuge dans la rade de Saint-Denis, après avoir essuyé une tempête qui l’avait endommagé.
Le vice-roi des Indes, le comte d’Ericeira, dirigea lui-même la défense de son navire. Mais malgré tous les efforts de l’équipage, les pirates parvinrent à s’emparer des richesses qu’il contenait : pierres précieuses, rivières de diamants, or, perles, meubles précieux, tissus…

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La même année, les deux pirates s’attaquèrent à un navire de marchandises venu ravitailler l’île Bourbon. Taylor décida de se faire oublier et alla aux Caraïbes pour y prendre une retraite dorée. La Buse quand à lui mis le cap sur Madagascar et s’installa sur l’île Sainte-Marie.

En 1724, il envoya un courrier au Conseil de Bourbon pour demander son amnistie. Celle-ci lui fut accordée, mais La Buse resta à Madagascar. En 1730, il est fait prisonnier par le capitaine Dhermitte, commandant d’un navire de la Compagnie des Indes. La Buse est envoyé à Bourbon et y est jugé pour crime de piraterie. Le pirate, refusant de restituer les richesses prises sur le navire portugais, est condamné à être pendu le 7 juillet 1730 et à être enterré debout. La légende dit que La Buse jeta à la foule le plan crypté de son trésor en disant « mes trésors à qui saura comprendre ! »

               cryptogramme de la buse    cryptogramme-la-buse-2

Aujourd’hui on peut se rendre sur sa tombe au cimetière marin de Saint-Paul. Pourtant il n’est même pas sûr que le corps de La Buse y soit.
Quand à son fabuleux trésor, des passionnés le cherchent encore. Si le texte a pu être décodé, il ne livre pas pour autant l’emplacement du trésor, car le sens du message reste incompréhensible. Aussi les chercheurs de trésors pensent que le texte cacherait en fait une carte. Pour cela, ils se basent sur des anomalies graphiques. Mais pour l’instant, leur théorie n’a pas permis de lever le mystère et de trouver le trésor.
Quoiqu’il en soit, certains le cherchent à l’île de la Réunion, et en particulier dans la Ravine à Malheur, d’autres ont entrepris des fouilles aux Seychelles où des inscriptions ont été découvertes sur des pierres, sur la côte nord-ouest de Mahé.

Je vous propose cette vidéo très intéressante réalisée par Herlé Jouon :

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Pirate des Mascareignes

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En furetant dans les rayons d’une librairie, j’ai découvert deux albums de bande dessinée (publiés chez les Editions Orphie) dont le héros est un pirate ayant sévi dans les Mascareignes et qui aurait même fait escale à l’île Bourbon.

BD Long Ben BD Long Ben 2

En les lisant, je me suis demandée si ce Long Ben avait vraiment existé ou s’il n’était qu’un personnage tout droit sorti de l’imagination des deux auteurs réunionnais, Sabine Vergoz-Thirel et Olivier Giraud ?

En faisant quelques recherches, j’ai découvert que ce Long Ben avait bel et bien existé. De son vrai nom, Henry Avery, ce pirate était aussi connu en tant que : Henry Every, John Avary, Benjamin Bridgeman et bien sûr Long Ben. Il serait né en 1665 à Plymouth, en Angleterre et se serait effectivement rendu sur l’île Bourbon.

Avery

En 1694 après une mutinerie, il s’empara du navire marchand anglais où il était le second, « Le Duke », et en prit le commandement. Il rebaptisa le navire « Le Fancy ». Avec deux autres navires pirates, il attaqua en 1695 un convoi de 25 navires qui se rendaient aux Indes. Leur incroyable butin fit d’eux des hommes riches.

Refusant de partager leur prise avec les autres navires pirates, Avery et son équipage décidèrent de leur fausser compagnie en pleine nuit et de trouver un endroit pour vivre une retraite dorée. Mais les hommes d’Avery, de différentes nationalités, ne parvinrent pas à se mettre d’accord sur le lieu.

Pavillon de Henry Avery

Avery et les hommes d’équipage anglais voulaient débarquer aux Bahamas, ce que refusèrent les Français et les Danois. Ceux-ci préféraient se rendre à Cayenne, ce que refusèrent les Anglais. Afin d’éviter une mutinerie, Avery fit débarquer, de gré ou de force, les Français et les Danois sur l’île Bourbon en novembre 1695, avant de repartir. Certains décidèrent de s’installer définitivement sur l’île, vivant dans l’abondance grâce à leur part de butin. D’autres décidèrent de construire un nouveau navire et continuèrent d’écumer les mers.

Le nom d’Avery m’a rappelé une petite anecdote… Il y a quelques années, un nouvel immeuble a été livré à quelques rues de chez moi. Il porte le nom de « Avry ». Mais un petit malin s’était amusé à écrire ceci sur la plaque :

panneau "Tex" Avery

 

J’avais trouvé cela si amusant que je n’avais pas pu m’empêcher de photographier le panneau (qui a d’ailleurs été très vite remplacé). Après toutes ces recherches sur Henry Avery, je me suis demandée si le nom de cette résidence avait un lien avec le pirate (après tout le nom du pirate est orthographié de différentes façons). Mais malgré de nouvelles recherches, je n’ai pu en avoir la confirmation…
Alors si quelqu’un a une information à ce sujet, qu’il laisse un petit commentaire 🙂

BONNE LECTURE !

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