Errance animal (3) partie 1

Dans la série « animaux trouvés », voici un nouvel épisode. Un épisode éprouvant pour mes nerfs et qui, aujourd’hui, connaît un heureux dénouement. Un nouvel épisode qui prouve, une fois de plus, que l’errance animale est un vrai problème dont les animaux sont les victimes innocentes.

Tout a commencé, il y a maintenant trois semaines.

Ce lundi 18 septembre, je reviens de l’entraînement de running avec Melba. Et oui, la miss, s’y est mise. Actuellement elle fait 8 km cinq fois par semaine en course rapide et deux jours de récupération avec cinq kilomètres aux côtés de ma fille – une « très grande sportive de haut niveau » (!) – en trottinant. Melba adore courir ! Le matin, quand elle me voit en tenue, elle ne tient plus !

Melba en tenue pour une randonnée. Chacun porte son ravitaillement !

Donc, je revenais d’un entraînement avec Melba et il ne nous restait qu’une centaine de mètres avant de franchir la ligne d’arrivée… pardon, le portail de la résidence, lorsque Melba pile net sur le trottoir. Je me retourne pour l’encourager à courir et je m’aperçois qu’elle renifle une petite boule de poils blanche et rousse.  Je m’approche et je découvre un chaton. Je suis surprise de le voir si exposé sur le trottoir. Il est tout petit et sa mère n’est pas là. Comme sur le parking de la résidence vivent des chats errants, je pense tout de suite à une des chattes qui a mis bas, il y a à peu près deux mois et que j’ai aperçue, deux jours auparavant, avec trois chatons dont, un blanc et roux. Enfin, blanc, c’est tout relatif, car se faufilant dans les moteurs de voitures, les chatons tirent plutôt sur le gris cambouis.
Je prends le chaton dans mes mains, pensant qu’il a dû quitter l’abri où sa mère cache ses petits et qu’il ne parvient plus à le rejoindre. Melba remue la queue, toute contente que je m’intéresse à sa trouvaille (elle adore les chats et en particulier les trois femelles qui vivent sur le parking !). Mais le chaton se met à hurler comme un dément, me griffe la main et le bras, me mord. Jamais je n’avais entendu un chat hurler comme ça ! Tout le quartier doit l’entendre et penser que je le torture ! Je mets ses cris sur le compte de la peur : une grosse truffe de Melba, puis des mains qui le saisissent, cela a de quoi être effrayant pour un petit chaton n’ayant connu que sa mère et sa fratrie.
Mais j’étais bien loin de la réalité !…
J’ai peur de le lâcher et je me dépêche de rejoindre la résidence, dans l’espoir de trouver la chatte. Une voisine me confirme qu’elle a déjà vu ce chaton avec la chatte brune (qui se trouve être la même qui m’a laissée, trois ans auparavant, un chaton de trois semaines sous ma voiture : ma belle Léïa !).

Léïa prend la pause pour la photo !

Dans mes mains, le chaton s’est calmé, il me regarde avec ses yeux bleus de bébé. Son regard me bouleverse. Melba découvre la chatte sous une voiture. Je pose le petit tout tremblant par terre. Elle s’approche, le renifle, lui donne des coups de langue et me feule (drôle de façon de me remercier de lui avoir ramener son chaton !). Le petit fait quelques pas, mais sa démarche m’intrigue. Il semble ne pas pouvoir se dresser sur ses pattes arrière. Bizarre pour un chaton qui est censé avoir presque deux mois !
Je ramène Melba à l’appartement, mais je n’arrive pas à m’ôter le chaton de la tête. Je suis heureuse de l’avoir rendu à sa mère, mais lorsque je repense à ses cris et à sa démarche, je suis prise d’un mauvais pressentiment.
Je redescends au parking, mais la chatte et son petit n’y sont plus. Je tente de me raisonner, de me dire qu’il est mieux avec sa mère et qu’elle a dû le ramener dans son abri. Pourtant tout le reste de la journée, j’ai un poids sur l’estomac et mes pensées me ramènent au chaton.
L’après-midi, je tourne dans la zone où Melba a trouvé le petit. J’essaie même de suivre la chatte. Mais je fais chou blanc. Lors de la promenade de Melba, je demande à la chienne de chercher le chaton. Mais elle me ramène toujours à l’endroit où elle l’a trouvé le matin même.
Le soir, je raconte à mon mari et à ma fille, ma rencontre avec le chaton. Je leur fais part du remord que j’éprouve de l’avoir rendu à sa mère.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une certitude : je dois le retrouver !

Ce mardi 19 septembre, comme tous les matins, je sors Melba à cinq heures pour faire ses petits besoins. En attendant qu’elle termine, je me dis que je vais repasser là où elle a trouvé le petit, la veille.
Je sursaute. Je viens d’entendre un miaulement. Un miaulement de chaton. Il me semble venir de la droite, là où Melba l’avait trouvé. Un deuxième miaulement. Sur la gauche ? Sur le parking où mangent les chattes à qui je viens de donner des croquettes ? Serait-il avec sa mère ? Je ne sais plus où je dois chercher. Avec tous ces bâtiments, le miaulement se répercute et je n’arrive pas à le localiser. Melba aussi l’a entendu. Elle est aux aguets, le corps tendu, les oreilles dressées. Un troisième miaulement. Je pivote d’un coup à 180 degrés. Il vient de derrière moi, d’un autre parking. Les miaulements continuent. Melba n’attend pas mon ordre et se précipite en direction des miaulements. Mais sur le parking il y une vingtaine de voitures. Sous laquelle ? Je croise les doigts pour que le petit continue à miauler. Je me mets à genoux et inspecte le dessous de chaque voiture. Sous un SUV, j’aperçois une petite forme claire, juste à côté d’un des pneus avant. Je m’approche à tâtons, terrifiée à l’idée que le chaton prenne peur en nous voyant et se glisse dans le moteur. Il ne bouge pas. Je l’attrape d’un geste rapide, pour ne pas lui laisser le temps de m’échapper. Comme la veille, il se met à pousser des hurlements de dément, me laboure la main avec ses griffes et transperce l’un de mes doigts avec ses petites dents. Je l’enveloppe dans mon gilet. Je tremble autant que lui. Mon cœur bat la chamade et j’ai les yeux mouillés. Je suis heureuse de l’avoir retrouvé.
Le chaton dans le gilet, Melba sur les talons et les doigts en sang, je me précipite vers la résidence. Sur le parking, les chattes mangent toujours. La mère du chaton n’a aucune réaction en entendant les miaulements de son petit. Cela me conforte dans l’idée que je ne dois plus lui rendre son petit. Si la veille j’avais cru qu’il s’était égaré, aujourd’hui je n’en suis plus sûre du tout. Comment ce chaton qui avait du mal à se déplacer hier, aurait-il pu se retrouver si loin, tout seul. Je suis persuadée que c’est sa mère qui l’a laissé sous le SUV. Mais pourquoi ? Pourquoi ne répond-t-elle pas à ses miaulements ? Pourquoi le laisser si exposé ?

A l’appartement, les miaulements du chaton ont réveillé tout le monde. Ma fille m’apporte la cage de transport. Je pose le chaton à l’intérieur et nous nous faisons toutes deux la même réflexion : son arrière train à un problème. Serait-il blessé ? Pourtant il n’y a pas de sang. Cassé ? Possible. Paralysé ? Peut-être. Les chattes de la famille s’approchent de la cage, renifle, intriguées.

Je suis devant la clinique vétérinaire dès son ouverture. C’est là que j’avais emmené Ivy après l’avoir sauvée de la quatre voies.

Ivy et ses deux soleils. « le chat ouvrit les yeux, le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, le soleil y resta » Maurice Carême. Une miss bien ronde et très bavarde !

J’attends avec une impatience mal contenue, l’arrivée du vétérinaire tout en surveillant le chaton. Il est blotti, roulé en boule et sa respiration est rapide. Très rapide. Trop rapide. Est-ce l’émotion, la peur ? Dès qu’il miaule je lui donne un peu d’eau avec une pipette que m’a fournie l’auxiliaire qui m’a accueillie. Il boit. Je trouve que c’est rassurant.

Mais je déchante lorsque je vois le visage de la vétérinaire s’assombrir lorsque celle-ci ouvre la cage pour examiner le chaton. Elle m’annonce d’emblée que sa respiration trop rapide est un mauvais signe. Elle l’ausculte. Le verdict tombe : Le diaphragme a un problème. Probablement une déchirure. Elle observe la couleur de ses mâchoires et de ses paupières. Elle soupçonne une hémorragie interne. Je lui parle de son arrière train qui s’affaisse. Pour elle, c’est soit une fracture, soit une atteinte à la moelle épinière. Elle est pessimiste sur l’état du chaton et ses chances de survie. Elle me propose deux solutions : abréger ses souffrances ou le garder 24 heures en réanimation médicale pour le stabiliser, le nourrir et voir l’évolution de son état. Il est si petit qu’elle ne sait pas si elle pourra le soulager avec des anti-douleurs.
Je dois prendre une décision : le faire euthanasier ou prolonger de quelques heures ses souffrances avec l’espoir infime qu’il puisse être sauvé. Je ne me sens pas bien. J’ai des points noirs devant les yeux, mes jambes se ramolissent. La vétérinaire voit mon malaise, me guide jusqu’à une chaise et l’auxiliaire m’apporte de l’eau sucrée. J’ai envie de pleurer. Si la veille, au lieu de le rendre à sa mère, je l’avais amené à la clinique, son pronostic vital aurait-il été si pessimiste ? Je regarde le chaton. Il respire vite. Il miaule aussi. Il plante ses yeux dans les miens. C’est trop dur. Comme il doit souffrir. Peut-être que la solution la plus raisonnable est celle de faire cesser ses souffrances. Pourtant, quelque chose me retient de prendre cette décision. Je me souviens des paroles du vétérinaire de Léïa lorsque celle-ci était petite et qu’elle avait du mal à s’alimenter : « C’est costaud, un chaton ! ».
Je me lance et demande à la vétérinaire de le garder en réanimation 12 heures pour commencer. On verra comment il évolue et si on prolonge… ou pas.

Le soir même je repasse à la clinique avec Melba. On a changé l’itinéraire de notre promenade pour prendre des nouvelles du chaton. J’ai une boule dans l’estomac durant tout le trajet. Dès que j’ouvre la porte de la clinique j’entends un miaulement. C’est lui, je le reconnais. L’auxiliaire m’emmène dans la salle des soins intensifs. Il est vivant même s’il respire toujours aussi vite. Ils lui ont donné un traitement pour le stabiliser et il accepte de boire du lait pour chaton à la pipette. Melba, qui nous a suivies, se met debout pour regarder le chaton blotti au fond de la cage.

Cette nuit-là, je ne dors pas beaucoup. Je n’ai qu’une hâte, retourner à la clinique pour le voir… en espérant qu’il survive. Toute la nuit, je lui envoie des pensées positives : « bats-toi mon petit » ; « courage ».

vers « Errance animale (3) partie 2 »

Publicités

Deux nouveaux mots croisés

Cette semaine, chers apprenants de français langue étrangère et chers lecteurs du bout du monde (ou pas), je ne vous ai pas concoctés un article pour découvrir une facette de l’île de la Réunion, mais encore deux petits mots croisés afin de vérifier vos connaissances sur les produits « péi » de la Réunion !
Que vous appreniez le français, ou que vous souhaitiez vous perfectionner, ces mots croisés seront l’occasion de tester votre compréhension écrite.

De cette culture locale dérivent de nombreux produits « péi ». Pratique lorsque l’on veut ramener des souvenirs ou que l’on veut faire un cadeau ! Pour vous aider, jetez un petit coup d’oeil sur ces pages, car cette grille vous fera tourner la tête !
Le galabéStella  Matutina / La coup’ cannes / Bois Rouge  / Distillerie

Cliquez sur l’image pour accéder à la grille interactive.

Utilisée par les plus grands chefs, le fruit de cette plante doit suivre un long processus avant de pouvoir parfumer plats et desserts. Révisez bien ces quelques pages avant de vous lancer dans cette grille très technique !
La Vanilleraie / La vanille bleue / La vanille Bourbon

Cliquez sur l’image pour accéder à la grille interactive.

 

Les Réunionnais et la mer

La Réunion est une île, et comme pour toutes les îles, son histoire est liée à la mer. Le peuplement d’abord qui s’est fait par la mer. C’est aussi par la mer qu’arrivent les esclaves, dans d’immondes navires négriers, où beaucoup perdent la vie. Mais pour ceux qui parviennent jusqu’à l’île, celle-ci se transforme en prison. Une prison non pas fermée par un mur infranchissable, mais encerclée par un océan.
Jusque dans les années 50, c’est par voie maritime que se fait l’approvisionnement et le transport des passagers. Le bateau, sera jusqu’à cette décennie le seul moyen de transport pour quitter ou arriver sur l’île. Pourtant, les Réunionnais semblent tourner le dos à la mer. On est loin de la relation fusionnelle de la mer et de l’homme que l’on peut rencontrer en Polynésie.

Depuis le début de la colonisation la mer est plutôt un sujet d’inquiétude : peur des pirates, des attaques (colonisation anglaise), des requins, des cyclones…
Si aujourd’hui, des cargos continuent à approvisionner l’île et que les requins constituent toujours une menace pour les pratiquants de surf, le regard des Réunionnais sur la mer à changé. Quand on pense « mer », on pense vacances, surf, paddle, pique-nique sur la plage, escapade en bateau à fond de verre… bref, loisirs et détente. (Et baleines aussi, en ce qui me concerne, vu que cette année, j’ai eu plusieurs fois la chance de les voir (enfin !). D’ailleurs, il y a quelques jours, j’ai pu voir l’un de ces géants de la mer, bondir hors de l’eau. Magnifique !).
Quelques pêcheurs continuent à tendre leurs filets, lancer leur gaulette, partir à l’assaut des vagues dans leur frêle esquif ou à caler leurs vouves à bichiques dans une pêche traditionnelle qui semble de moins en moins pratiquée, mais qui survit encore malgré tout.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Et il existe depuis 1967, une Ecole d’Apprentissage Maritime au Port, où des jeunes réapprennent la mer.

 

Créée en 1996, la confrérie des gens de la mer cherche à réconcilier les Réunionnais avec la mer ainsi qu’à revaloriser le patrimoine maritime de l’île. Ces hommes et femmes, historiens et plongeurs, sont des amoureux de la mer qui souhaitent faire partager leur passion au plus grand nombre. Son objet d’étude est le patrimoine maritime et en particulier sous-marin.
A l’occasion de ses vingt ans, la confrérie publie un ouvrage « Une histoire maritime : 20 ans de recherches ». Vingt ans de recherches aux Archives Départementales afin de réunir des documents, images et textes. Ainsi que vingt ans de recherches sous-marines en quête des nombreuses épaves autour de l’île (entre 1996 et 2016, la confrérie en a recensé 277).
Cet ouvrage téléchargeable gratuitement sur le site de la confrérie des gens de la mer, ne sera édité en version papier qu’à 300 exemplaires. Exemplaires qui seront réservés aux établissements scolaires et aux médiathèques.

Cliquer sur l’image pour télécharger l’ouvrage gratuitement

Richement illustré de documents d’archives, de photos d’époques et bien documenté, cet ouvrage est passionnant.  Il se divise en trois grandes parties, elles-même divisées en chapitres et sous-chapitres.

Partie 1 : La Réunion et la mer.
– Chapitre 1 : Le Réunionnais dos et face à la mer ?
– Chapitre 2 : Les structures maritimes : marines, débarcadères et ports.
– Chapitre 3 : les naufrages à la Réunion.
– Chapitre 4 : Les marins et cimetières.
Partie 2 : La confrérie des gens de la mer.
– Chapitre 1 : association et patrimoine.
– Chapitre 2 : Les confrères : Les femmes et hommes de la confrérie.
Partie 3 :  Annexes
– Annexes
– Remerciements

A lire absolument, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur l’histoire maritime réunionnaise !

Le rêve de la confrérie ? Qu’un musée de la mer voit le jour à la Réunion.

Une pizza 100% Réunion

Cette semaine, je suis tombée sur cette recette de pizza très… particulière. Recette que j’ai eu envie de partager avec vous…
C’est la petite dernière des pizzas version locale – après « la créole », dont la garniture rappelle le carry poulet ou le rougail saucisse selon la recette proposée par le piazzaïolo, « la pizza saucisses / gros piments » ou « la pizza sarcives » – j’ai nommé : La pizza aux larves de guêpes.
Si vous avez déjà été tout en bas de la page les animaux de l’île, vous êtes certainement tombés sur la vidéo qui présente la recette des larves de guêpes grillées. Ce met est très apprécié à la Réunion. Traditionnellement, les larves de guêpes sont mangées avec du riz blanc.
Mais à l’heure où chaque restaurateur veut créer sa recette « signature », tout le monde rivalise d’ingéniosité pour des résultats plus ou moins réussis.
Ce sont les propriétaires du snack-restaurant-pizzeria « la coryphène » à Saint-Pierre qui se lancent, il y a peu, dans la conception de cette nouvelle recette. Amateurs de guêpes, ils proposent, après quelques essais, leur recette à leurs clients. Si les avis sont partagés, il semble toutefois que cette pizza (à 18 euros tout de même) fasse des adeptes. Petit inconvénient, il faut commander la fameuse pizza aux larves de guêpes 24 heures à l’avance.
A chacun de tenter l’expérience (ou pas).
En attendant, si vous ne pouvez pas aller sur Saint-Pierre goûter la pizza aux larves de guêpes ou si vous préférez les pizzas maison, voici une recette toute simple élaborée et proposée par un internaute, qui avait envie de manger cette fameuse pizza.

PIZZA AUX LARVES DE GUÊPES
recette de Damien Belim

(Photo : Damien Belim)

Ingrédients
– Une pâte à pizza – de préférence faite maison
– 200 grammes de larves de guêpes fraîches ou congelées (à faire décongeler une dizaine de minutes)
– Une petite brique de crème fraîche liquide
– Un sachet d’emmental râpé
– Des olives noires.

Préparation
– Préchauffer le four à 200 degrés.
– Faire frire légèrement les larves de guêpes dans une poêle, avec un peu de sel.
– Etaler la pâte à pizza.
– La garnir de crème fraîche et rajouter les larves de guêpes.

(Photo : Damien Belim)

– Parsemer d’emmental râpé et d’olives noires.

 

(Photo : Damien Belim)

– Enfourner pendant 15 à 20 minutes.
– Laisser refroidir avant de déguster.

(Photo : Damien Belim)

BON APPETIT !!!

Riz chauffé… késako ?

A la réunion, il y a un « plat » que tout le monde aime bien c’est le… (suspens ! Roulements de tambour)… le… le… le riz chauffé ! LE QUOI? Le riz chauffé. Du riz réchauffé, quoi !

Alors ne cherchez pas la recette sur internet ou dans un livre de cuisine réunionnaise, car il n’y en a pas. Ou plutôt, il y autant de versions qu’il y a de cuisiniers ou de familles !
Donc, pour faire un bon riz chauffé, il faut prendre… du riz ! Oui, mais du riz de la veille (donc du riz qui a refroidi et que l’on va faire réchauffer… hé, hé, hé, c’est d’une logique implacable…) et des restes de la veille (carry poisson ou poulet, rougail saucisses ou morue, sauce de carry…).
Côté quantité, là non plus aucune indication. Il faut adapter la quantité des restes à la quantité de riz. C’est ce qui explique que chaque riz chauffé est unique et inimitable et… impossible à reproduire à l’identique. Car ici, il n’y a pas de liste d’ingrédients avec des quantités.

En tout cas, une chose est sûre, avec le riz chauffé, fini le gaspillage !

Bref, sortez de votre frigo, votre riz et les restes de votre carry de la veille – certaines personnes rajoutent des grains, alors que pour d’autres, cela serait un sacrilège ! C’est à vous de voir ! – et faîtes réchauffer dans une marmite ou, à défaut, une grande casserole. Si vous pouvez le faire au feu de bois, c’est encore mieux (mais je peux comprendre que cela ne soit pas évident, lorsque l’on vit dans un appartement).

Concernant le temps de réchauffage de votre préparation (pas toujours réussie, visuellement, j’en conviens), cela dépend de tout un chacun. Certains Réunionnais aiment le riz chauffé lorsqu’il est « croûté », c’est-à-dire qu’il a attaché au fond de la marmite, d’autres, pas. Donc, sur ce point, c’est encore à vous de voir ! N’oubliez pas de rajouter un petit piment, car qui dit cuisine réunionnaise, dit plats épicés.
Vous pouvez aussi accompagner votre riz chauffé d’un petit rougail concombre, tomate ou dakatine. Mais là encore, c’est… à vous de voir !

Vous commencez à comprendre le principe du riz chauffé, là ?

Certains tricheurs rajoutent des ingrédients qui ne sont pas forcément des restes (peut-être parce qu’ils n’ont pas suffisamment de restes de la veille…). Mais je vous rappelle que le riz chauffé est constitué à 100 % des restes de la veille ! On ne fait pas du riz cantonnais, non plus ! Après, si vous voulez vous rajouter quelques légumes, brèdes ou grains en accompagnements, c’est à vous de voir, mais sur le côté de l’assiette, hein ! Pas dans la marmite !
Un riz chauffé vraiment anti-gaspi, c’est celui fait avec les reste de la sauce du carry. Lorsque la veille, tout le carry a été mangé, il reste très souvent une bonne quantité de sauce au fond de la marmite. Surtout, ne la jetez pas et gardez-la pour vous préparer, dès le lendemain matin, un bon petit riz chauffé à la sauce de carry.
Dès le lendemain matin ? Eh, oui, car à la Réunion, traditionnellement, le riz chauffé se mange… au petit déjeuner !

Voilà un plat 100% anti-gaspi, économique, délicieux et traditionnel ! Que demander de plus ?
Alors à vous de jouer et… Bon appétit !

Le métissage est le futur du monde

Reza Deghati, photojournaliste au National Geographic sillonne à la planète depuis 35 ans, à la fois pour montrer des beautés présentes en chaque être humain que pour dénoncer les injustices. Ses photos connues dans le monde entier témoignent des différentes facettes de l’humanité.

Invité à venir animer des ateliers photographiques dans le sud de l’île, le photojournaliste s’est vu remettre la distinction d’ambassadeur d’honneur de La Réunion.

Le film « Futur : Reza et le futur du monde », tourné à la Réunion en 2016 et réalisé par Philippe Bonhomme fait l’éloge du vivre ensemble et du métissage. Reza Dhegati a trouvé en l’île de la Réunion une préfiguration du futur, loin des communautarismes et du repli sur soi. Pour le photojournaliste Franco-iranien, le monde de demain sera à l’image de la Réunion : un métissage d’ethnies et de couleurs de peau. La Réunion est à ses yeux un village universel, une terre de « paysages de visages ».
L’objectif de ce film est de lutter contre les ignorances et les peurs en mettant en valeur l’harmonie du métissage de la société réunionnaise.

Je vous propose le visionnage de la bande-annonce :

Pour découvrir les magnifiques photos de Reza, rendez-vous sur son site

 

Terre Rouge

Je vous propose une randonnée dans le sud sauvage.
Le sentier longe la mer qui se jette sur la roche volcanique et nous mène à une anse appelée « Cap Jaune ».

Cliquer sur la carte pour agrandir

Pour se rendre au point de départ de la randonnée :

En venant de Saint-Denis, aller jusqu’à Saint-Joseph puis rejoindre le village de Vincendo. Une fois dans le centre-ville prendre la direction de la « Marine de Vincendo ». Descendre jusqu’au parking, juste après la dernière habitation.

dénivelé :  80 mètres
distance :  3 kilomètres
difficulté : facile
durée : 1 h 30 (aller-retour)

Conseil : Se renseigner sur la météo, car le temps change très vite. Nous avons fait l’aller de la rando sous un beau soleil et le retour sous une forte averse !

En partant du parking, il faut trouver le départ du sentier au milieu des arbres.

Celui-ci longe la mer avant de s’enfoncer dans la végétation jusqu’au Cap Jaune, une magnifique formation géologique dont la couleur safran tranche avec le bleu profond de la mer.

Il est possible de descendre jusqu’au pied de la falaise, mais le sentier est très abrupt. A déconseiller aux enfants et aux personnes souffrant de vertige.
Pour rejoindre le parking, il suffit de revenir sur ses pas.