Un téléphérique pour Sainte-Clotilde

Téléphérique… voici un mot qu’il n’est pas banal d’entendre à la Réunion. Pourtant d’ici la fin de l’année, ce mot totalement étranger aux Réunionnais entrera dans leur conversation par la grande porte. Enfin, je dis les Réunionnais, je devrais plutôt dire les Dyonisiens. Car la Réunion – et plus particulièrement la ville de Saint-Denis – est sur le point d’accueillir son premier téléphérique. Le premier, mais pas le dernier, à en croire le projet de la CINOR.

La première question que l’on se pose en entendant parler du projet de téléphérique, c’est : Mais pourquoi un téléphérique sous les tropiques ? Car pour beaucoup, le téléphérique est associé aux pentes enneigées des stations de ski. Alors, ok, ici on a des montagnes, mais pour les pentes enneigées, on repassera.
Pour rappel – ou pour ceux qui n’ont jamais croisé de téléphérique de leur vie – le téléphérique se compose de cabines suspendues à des câbles aériens. Il permet de gravir et descendre des pentes importantes ou franchir des dépressions géographiques (cours d’eau, vallée…).
Le téléphérique a des avantages non négligeables :
* pas d’émission de gaz à effet de serre,
* coût des travaux moins élevés que ceux d’une ligne de tramway ou de bus,
* peu de contraintes au sol,
* adapté aux reliefs montagneux.

Alors, pourquoi un téléphérique ? Et surtout, pourquoi un téléphérique urbain ?
Rien d’exceptionnel dans ce projet, car ce mode de transport, répandu en montagne, s’adapte sans problème en ville. Londres, Hong-Kong, New-York, Medellin, Grenoble ou Brest – entre autres – ont déjà adopté ce mode de transport collectif. A Saint-Denis, beaucoup de quartier se trouvent sur des pentes ou en hauteur.


A l’heure actuelle, la Communauté Intercommunale du Nord de la Réunion – ou CINOR – transporte chaque année 21 millions de voyageurs. Afin de tenir compte du développement des hauts de la ville de Saint-Denis, d’améliorer son réseau de transport urbain, de réduire les temps de parcours et de soulager des routes saturées, la CINOR a souhaité le développement de plusieurs lignes de téléphériques urbains.
L’une est actuellement en phase d’étude (ligne Bellepierre > La Montagne) et l’autre est en concrétisation (ligne Chaudron > Moufia > Bois de Nèfles).
Cette première ligne est connectée au réseau de transport existant (les bus Citalis) et tient compte du futur projet de Réseau Régional de Transport Guidé ou RRTG.
Cette première ligne de téléphérique s’inscrit dans le projet de Réseau Intégré des Transports Modernes ou RITMO, porté par la ville de Saint-Denis. Ce projet prévoit la création d’un réseau de cinq lignes de téléphériques qui desserviront les quartiers des hauts et de mi-pentes tout en restant connecté à l’actuel réseau de transport urbain.

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Les stations (cinq pour la ligne Chaudron > Moufia > Bois de Nèfles) sont prévues pour être non seulement de vraies gares permettant de relier les différents pôles de la ville, mais aussi des espaces de vie avec des espaces commerciaux.

De l’étude à la mise en service, le calendrier :

La ligne téléphérique Chaudron > Moufia > Bois de Nèfles en chiffres :

  • Débit potentiel : 1000 voyageurs par heure.
  • Les cabines peuvent circuler dans des conditions de vent allant jusqu’à 72 km/h.
  • Un groupement de 7 entreprises assure la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance de cette première ligne.
  • La ligne fonctionnera de 6h à 20h en semaine.
  • Le prix d’une place en téléphérique sera le même que celui d’un ticket de bus (1 euro).

Plan de la ligne téléphérique Chaudron > Moufia > Bois de Nèfles :

La seconde ligne ( Bellepierre > La Montagne), qui est à l’heure actuelle en phase d’étude, s’étendra sur 1,3 km et sera reliée par deux stations, elles aussi connectées au réseau actuel et au futur RRTG. Le quartier de Bellepierre et celui de La Montagne sont séparés par le profond encaissement formé par la Rivière Saint-Denis. A l’heure actuelle, seul le pont Vinh-San – long de 256 mètres – permet de relier le bas de Bellepierre à la base du relief montagneux de La Montagne.
Secteur fortement urbanisé, le quartier de La Montagne est pourtant uniquement accessible par la RD 41 qui comprend une rampe de 4 km en lacets. La circulation y est vite perturbée par les nombreux bus et saturée aux heures de pointe au niveau du pont Vinh-San, qui est aussi une bretelle d’accès à la route du littoral. Je ne parle même pas du cas où la fermeture totale de la route du littoral oblige les usagers à emprunter la route de la montagne et la RD 41 matin et soir, pour relier Saint-Denis à l’ouest de l’île.
Pour la Cinor, cette seconde ligne de téléphérique permettra de faciliter l’accès à la ville aux habitants de La Montagne et d’offrir à ce quartier des opportunités de développement urbain, économique et touristique.

Sources :
– Ville de Saint-Denis
– La CINOR

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