Bilan du Word CleanUp Day

Vous vous souvenez de la journée mondiale du nettoyage des déchets qui a eu lieu le 15 septembre 2018 ? Et bien après une journée d’efforts sur toute la planète, l’heure est au bilan.
Alors, combien de participants ? Quelle quantité de déchets ramassés ?

 

Le World CleanUp Day du 15 septembre 2018, c’était 13 millions de personnes qui ont nettoyé dans 156 pays ! Partout en France, 200 000 citoyens se sont retrouvés sur les 3000 opérations de nettoyage. Rien qu’à la Réunion, ce sont près de 5 500 Réunionnais qui se sont mobilisés. Des participants, qui à la fin de la journée étaient à la fois heureux de la forte mobilisation, mais en colère à la vue de tous ces détritus collectés. Car ce ne sont pas moins de 17 tonnes de déchets qui ont été ramassés sur les 35 000 m2 de terrain nettoyés.

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Entreprises, communes, scolaires, clubs de plongée (qui ont collectés les déchets sous l’eau), particuliers… ont enfilé leurs gants. Aux Avirons 4% de la population municipale étaient présents. A Saint-André, 500 personnes s’étaient mobilisées sur les 12 lieux de rendez-vous. Saint-Denis et Saint-Leu n’ont pas été en reste avec une forte mobilisation.
Mais il faut dire, qu’il y en avait du boulot !
Quoiqu’il en soit, on ne peut que constater une prise de conscience de la population vis-à-vis du problème déchets.

Le but de cette mobilisation internationale n’est pas de créer une journée mondiale du nettoyage qui se répétera chaque année, mais qu’une prise de conscience planétaire sur la question des déchets abandonnés et des décharges sauvages ait lieu, que les citoyens se responsabilisent sur la gestion des déchets, que le gaspillage soit évité, qu’une seconde vie soit donnée aux objets inutilisés (organisation de brocantes) et que les déchets générés par notre consommation deviennent une préoccupation quotidienne pour chacun d’entre nous. Et comme le dit si bien le site du World CleanUp Day France : mieux consommer, mieux produire, moins jeter.
Alors doit-on se réjouir de ces chiffres ou s’en inquiéter ? A chacun de se faire sa propre opinion. Cependant, des petits gestes quotidiens – pas si difficiles à réaliser – adoptés par tous, pourraient changer les choses : jeter dans une poubelle une bouteille trouvée au sol, ramener ses déchets avec soi après un pique-nique, trier ses déchets, aller jusqu’à la déchetterie, ne plus utiliser de contenants à usage unique, éduquer les enfants – et les adultes – à ne plus considérer les forêts, les ravines et les littoraux comme des poubelles…
Mais voilà, cela demande des efforts, des changements radicaux de nos (mauvaises) habitudes et peu de personnes sont prêtes à cela.
La facilité, encore et toujours…
La preuve ? Dès le lendemain du World CleanUp Day, les dégoutants inciviques s’étaient remis au travail et abandonnaient leurs déchets sur un site nettoyé : La plage où viennent pondre les tortues marines, à proximité de
Kélonia. L’ironie ? Les déchets étaient entassés au pied d’un panneau appelant au civisme de chacun pour la protection de l’environnement. Ces dégoutants seraient-ils illettrés ou vraiment bêtes et méchants ?

photo de S.Ciccione, directeur de Kélonia

Pourtant, dans le même temps, il semblerait que le World CleanUp Day ait fait prendre conscience à certaines municipalités qu’il devenait plus qu’urgent d’agir. Deux jours après le grand nettoyage, un contrôle sur les infractions au code de l’environnement a été mené sur la commune de Saint-Joseph. Huit militaires de la brigade de gendarmerie de la commune, quatre agents de la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et deux policiers municipaux, sous la direction du vice-procureur de la république de Saint-Pierre, ont contrôlé six sites. La présence de 170 véhicules hors d’usage et de nombreux déchets a été constatée et six procédures judiciaires ont été ouvertes pour abandon et dépôt illégal de déchets, gestion irrégulière de déchets par une personne morale et exploitation d’une installation classée non enregistrée. Les auteurs de ces infractions encourent jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende (375.000 euros pour les personnes morales).
La présence de ces voitures abandonnées n’est pas sans conséquence pour l’environnement (présence de liquides et d’éléments solides polluants pour le sol et l’eau) et à la santé publique (ces déchets constituent des gîtes larvaires pour les moustiques).

Autre initiative : La mairie de Saint-André, avait annoncé le jour du World CleanUp Day, l’installation de caméras de surveillance sur des sites de décharge sauvage. Ce sont en tout 34 caméras qui seront prochainement installées. Cependant, la ville avait déjà pris les devants : tout comme à Sainte-Suzanne, une enquête est ouverte à chaque découverte de nouveau dépôt, permettant le relevé des identités et la poursuite des auteurs d’infractions (le dépôt d’ordures sauvages sur la voie publique est passible d’une amende de 68 euros (ou 180 euros si le paiement est effectué au-delà d’un délai de 45 jours). En cas de non-paiement ou de contestation, l’amende – fixée par un juge – peut atteindre 450 euros. Et si un véhicule a été utilisé, l’amende peut monter jusqu’à 1 500 euros avec confiscation du véhicule).
De plus, la ville de Saint-André compte renouveler chaque mois dans les quartiers les « journées vertes » dans le cadre de l’opération « Saint-André Ville propre ».

Autre bonne résolution : Des brigades vertes seront crées par la CIREST et la CINOR pour faire respecter le règlement de la collecte.

Pour l’instant cela reste des initiatives isolées, mais elles feront peut-être comprendre aux autres municipalités la nécessité de se bouger pour faire bouger les choses. Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ? On en revient toujours au même constat : l’effort doit à la fois être individuel et collectif.

Je continue avec quelques infos sur le temps que mettent certains matériaux à se dégrader. La pollution et ses conséquences, nous en sommes à la fois tous responsables et tous victimes. Mais pas seulement nous, les humains. Les animaux, les plantes, les ressources en eau sont victimes de nos déchets car ceux-ci ne se contentent pas de polluer l’endroit où ils ont été jetés, ils voyagent à travers le sol, les océans… et se retrouvent dans nos assiettes (microplastiques ingérés par les poissons) et notre eau.

 

* Le mouchoir en papier peut être jeté dans le bac à compost plutôt que par terre ou dans la poubelle des ordures ménagères. Fabriqué à partir de fibre de cellulose, le mouchoir en papier se décompose très bien, tout comme le papier journal ou le carton.

* En France, ce ne sont pas moins de 30 milliards de mégots qui sont jetés par terre, chaque année.  On peut les trouver sur les trottoirs, dans l’herbe des espaces verts, dans le sable de la plage (c’est bien lorsque les petits font des châteaux de sable et que de leur pâté dépasse un mégot).
Un seul mégot pollue jusqu’à 500 litres d’eau, l’équivalent de 3,5 baignoires !

* Les canettes en acier ou en aluminium sont 100% recyclables. Il faut 660 canettes pour fabriquer un vélo ! Vélo qui en plus d’avoir été fabriqué avec des canettes recyclées, est un moyen de locomotion écologique et bon pour les mollets.

* Les cartouches d’encre de nos imprimantes mettent de 400 à 1000 ans pour se dégrader dans la nature. Elles représentent 60 000 tonnes de déchets par an rien qu’en Europe. Les encres sont extrêmement polluantes. Solutions ? Certaines marques d’imprimantes, proposent le recyclage gratuit de leurs cartouches (la procédure est décrite sur la notice ou sur leur site). On peut aussi faire recharger en encre ses cartouches au lieu de les jeter, une fois vides.

* Une bouteille en verre peut être réutilisée jusqu’à 50 fois. En Allemagne les consommateurs ramènent leurs bouteilles en verre vides afin qu’elles soient nettoyées et réutilisées. C’est la consigne. Dommage que cette pratique ait été supprimée en France ! Il serait temps d’y revenir, cela éviterait que des indélicats balancent leurs bouteilles en verre, qui en se brisant créent des tessons dangereux pour les humains comme pour les animaux. La consigne, cette petite somme supplémentaire payée par le consommateur pour l’emballage, était restituée au retour de la bouteille en magasin. Mais la pratique disparaît en France vers les années 90 à cause de la multiplication des emballages en plastique à usage unique.

* Les piles, composées de métaux lourds (mercure, plomb, donc, lithium), sont les déchets les plus polluants. 20 % d’entre elles sont jetées dans la poubelle ou dans la nature après usage. Or, depuis 2001, leur collecte et leur recyclage sont obligatoires dans les points de vente. Ces points de collectes sont surtout placés à l’entrée des magasins et il en existe près de 30 000 en France.

* 300 000 tonnes de déchets plastiques pollueraient les océans. Le 14 septembre 2018, l’Assemblée nationale a approuvé l’interdiction des couverts et de contenants jetables en plastique, au 1er janvier 2020, en plus des pailles et des touillettes interdites par le Sénat en juin 2018. En France, les sacs en plastiques à usage unique sont interdits de distribution depuis juillet 2016.

Le plastique en quelques chiffres :
10 tonnes de plastique sont produits dans le monde chaque seconde. Cette production consomme 8% environ de la production mondiale de pétrole

* 9 milliards de tonnes de plastique ont été accumulées depuis 1950. Si rien ne change «on comptera environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et l’environnement à l’horizon 2050» souligne un rapport de l’ONU.

* seulement 9%  du plastique est recyclé.

* Le plastique met des siècles à disparaître. La plupart des plastiques ne sont pas biodégradables et se décomposent lentement en plus petits fragments appelés microplastiques. Une fois décomposés, ils deviennent difficiles à retirer des océans. Des milliers d’années sont nécessaires pour que les sacs en plastique et les récipients en polystyrène se décomposent, contaminant pendant ce temps sols et eau.

* Le Septième continent, c’est 1,6 million de kilomètres carrés de détritus marins. Une partie des sacs, bouteilles, emballages en plastique – mais aussi filets de pêche abandonnés et microparticules dégradées – terminent à la mer. Sous l’effet de tourbillons géants formés par les courants marins, ces composants s’agglutinent dans l’océan Pacifique. La surface de cette décharge flottante – trois fois la superficie de la France – pèserait 80.000 tonnes. Une fois le plastique dégradé, ses particules se retrouvent – avec des taux élevés de concentration – dans les estomacs et les voies respiratoires de centaines d’espèces animales. Les sacs en plastique représentent un danger pour les dauphins et les tortues qui les prennent pour de la nourriture, les ingèrent et qui meurent étouffés.

 

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants »

 

 

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