Les baleines, un retour très attendu et… surveillé

Comme chaque année – à cette période de l’année – les baleines font leur show au large des côtes réunionnaises.

Cette année, la saison des baleines commence fort ! Non seulement elles sont arrivées plus tôt que d’habitude, mais leur nombre au mois de juin a été exceptionnel avec 38 individus identifiés par l’association Globice (contre trois ou quatre à la même période, d’habitude). Le précédent record d’identification pour le seul mois de juin remonte à 2015 avec 10 identifications.
L’année dernière a toutefois été exceptionnelle avec 200 cétacés répertoriés en quatre mois !
L’identification des baleines se fait par examen de la nageoire caudale, véritable carte d’identité des cétacés. Les photographies réalisées par Globice permettent d’enrichir leur base de données. Les bénévoles de l’association sélectionnent et trient les clichés avant de les comparer avec ceux pris depuis 2001. Cela permet aux scientifiques de vérifier si la baleine a déjà été aperçue à la Réunion. Ces comparaisons nécessitent beaucoup de rigueur, car pour chaque caudale photographiée, il faut les comparer aux centaines de clichés de la base de données. Bénévoles et scientifiques recherchent des similitudes et des différences entre les caudales : tache sombre en plus ou en moins, morsure, taille de la nageoire… Ce laborieux travail d’identification permet d’établir la fréquence d’observation, c’est-à-dire le nombre d’individus observés à chaque sortie. Dans les années à venir, Globice compte mettre en commun les données et les photographies avec celles des autres îles de l’Océan Indien afin d’identifier les baleines qui voyagent d’une île à l’autre.

Seul mystère qui reste encore à résoudre pour les scientifiques de l’association : les raisons des variations de la fréquentation des baleines au large des côtes réunionnaises. Pourquoi certaines années, sont-elles plus nombreuses à un endroit, alors qu’elles le délaissent d’autres années ? Pourquoi reviennent-elles rarement au même endroit ? Pourquoi certaines baleines ne font-elles que passer au large alors que d’autres restent plusieurs jours, voire plusieurs semaines ?
Autant de questions que le travail de comparaison pourrait expliquer, ce qui permettrait aux scientifiques de mieux comprendre la migration des baleines.

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En attendant de trouver une explication, Globice s’intéresse au chant des baleines à bosses mâles. En effet, durant la période de reproduction, ceux-ci chantent. Et si les scientifiques s’intéressent aux vocalises de ces géants des mers, c’est pour comprendre leurs déplacements et comparer les zones de fréquentation. A la Réunion, les zones les plus fréquentées durant la saison des baleines sont Saint-Gilles, Saint-Pierre puis Saint-Benoît.
Comme les baleines voyagent dans les Mascareignes, les suivre au-delà des côtes réunionnaises représente un grand intérêt scientifique. Si la Réunion est dotée, depuis maintenant deux ans, de trois hydrophones (l’Hermitage à Saint-Gilles, Pierrefonds à Saint-Pierre et Saint-Benoît) permettant de capter les chants, ce n’était pas le cas de la grande île. Du moins, jusqu’à il y a un mois…

En partenariat avec Globice, quatre nouveaux hydrophones ont été déployés à Madagascar, à la mi-juillet (à Sainte-Marie, à Fort Dauphin, à Nosy Be et à Tuléar). Ces nouvelles installations permettront d’étudier l’activité de reproduction, de comparer la fréquentation et les périodes de présence des baleines sur ces sites et à la Réunion, ainsi que de cartographier les déplacements des cétacés. Car, plus il y a des chants et plus il y a d’activités de reproduction et donc plus il y a de fréquentations.

Ces déplacements avaient déjà été suivis grâce à des balises satellite qui avaient permis de constater que certaines baleines se rendaient à Madagascar suite à leur passage près des côtes réunionnaises, mais sans revenir ensuite vers la Réunion. Les scientifiques en ont déduit que les baleines visitent différents sites durant leur migration et ne restent donc pas sur un seul lieu de reproduction.

Pour rappel : charte d’approche et d’observation responsables des mammifères marins et des tortues marines de la Réunion

 

Pour devenir bénévole (ou membre actif) à Globice, il faut adhérer avant que ne commence la saison des baleines. Les bénévoles participent à la collecte des données en mer, trient les photo-identifications prises en mer, animent des stands lors des manifestations publiques, recherchent des sponsors, aident à la gestion administrative de l’association… L’adhésion annuelle est de 30 euros et les adhésions sont ouvertes du 1 novembre au 31 mai. Pour devenir membre actif, il suffit de contacter globice par mail.

 

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2 réflexions sur “Les baleines, un retour très attendu et… surveillé

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