Les Réunionnais et la mer

La Réunion est une île, et comme pour toutes les îles, son histoire est liée à la mer. Le peuplement d’abord qui s’est fait par la mer. C’est aussi par la mer qu’arrivent les esclaves, dans d’immondes navires négriers, où beaucoup perdent la vie. Mais pour ceux qui parviennent jusqu’à l’île, celle-ci se transforme en prison. Une prison non pas fermée par un mur infranchissable, mais encerclée par un océan.
Jusque dans les années 50, c’est par voie maritime que se fait l’approvisionnement et le transport des passagers. Le bateau, sera jusqu’à cette décennie le seul moyen de transport pour quitter ou arriver sur l’île. Pourtant, les Réunionnais semblent tourner le dos à la mer. On est loin de la relation fusionnelle de la mer et de l’homme que l’on peut rencontrer en Polynésie.

Depuis le début de la colonisation la mer est plutôt un sujet d’inquiétude : peur des pirates, des attaques (colonisation anglaise), des requins, des cyclones…
Si aujourd’hui, des cargos continuent à approvisionner l’île et que les requins constituent toujours une menace pour les pratiquants de surf, le regard des Réunionnais sur la mer à changé. Quand on pense « mer », on pense vacances, surf, paddle, pique-nique sur la plage, escapade en bateau à fond de verre… bref, loisirs et détente. (Et baleines aussi, en ce qui me concerne, vu que cette année, j’ai eu plusieurs fois la chance de les voir (enfin !). D’ailleurs, il y a quelques jours, j’ai pu voir l’un de ces géants de la mer, bondir hors de l’eau. Magnifique !).
Quelques pêcheurs continuent à tendre leurs filets, lancer leur gaulette, partir à l’assaut des vagues dans leur frêle esquif ou à caler leurs vouves à bichiques dans une pêche traditionnelle qui semble de moins en moins pratiquée, mais qui survit encore malgré tout.

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Et il existe depuis 1967, une Ecole d’Apprentissage Maritime au Port, où des jeunes réapprennent la mer.

 

Créée en 1996, la confrérie des gens de la mer cherche à réconcilier les Réunionnais avec la mer ainsi qu’à revaloriser le patrimoine maritime de l’île. Ces hommes et femmes, historiens et plongeurs, sont des amoureux de la mer qui souhaitent faire partager leur passion au plus grand nombre. Son objet d’étude est le patrimoine maritime et en particulier sous-marin.
A l’occasion de ses vingt ans, la confrérie publie un ouvrage « Une histoire maritime : 20 ans de recherches ». Vingt ans de recherches aux Archives Départementales afin de réunir des documents, images et textes. Ainsi que vingt ans de recherches sous-marines en quête des nombreuses épaves autour de l’île (entre 1996 et 2016, la confrérie en a recensé 277).
Cet ouvrage téléchargeable gratuitement sur le site de la confrérie des gens de la mer, ne sera édité en version papier qu’à 300 exemplaires. Exemplaires qui seront réservés aux établissements scolaires et aux médiathèques.

Cliquer sur l’image pour télécharger l’ouvrage gratuitement

Richement illustré de documents d’archives, de photos d’époques et bien documenté, cet ouvrage est passionnant.  Il se divise en trois grandes parties, elles-même divisées en chapitres et sous-chapitres.

Partie 1 : La Réunion et la mer.
– Chapitre 1 : Le Réunionnais dos et face à la mer ?
– Chapitre 2 : Les structures maritimes : marines, débarcadères et ports.
– Chapitre 3 : les naufrages à la Réunion.
– Chapitre 4 : Les marins et cimetières.
Partie 2 : La confrérie des gens de la mer.
– Chapitre 1 : association et patrimoine.
– Chapitre 2 : Les confrères : Les femmes et hommes de la confrérie.
Partie 3 :  Annexes
– Annexes
– Remerciements

A lire absolument, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur l’histoire maritime réunionnaise !

Le rêve de la confrérie ? Qu’un musée de la mer voit le jour à la Réunion.

Une pizza 100% Réunion

Cette semaine, je suis tombée sur cette recette de pizza très… particulière. Recette que j’ai eu envie de partager avec vous…
C’est la petite dernière des pizzas version locale – après « la créole », dont la garniture rappelle le carry poulet ou le rougail saucisse selon la recette proposée par le piazzaïolo, « la pizza saucisses / gros piments » ou « la pizza sarcives » – j’ai nommé : La pizza aux larves de guêpes.
Si vous avez déjà été tout en bas de la page les animaux de l’île, vous êtes certainement tombés sur la vidéo qui présente la recette des larves de guêpes grillées. Ce met est très apprécié à la Réunion. Traditionnellement, les larves de guêpes sont mangées avec du riz blanc.
Mais à l’heure où chaque restaurateur veut créer sa recette « signature », tout le monde rivalise d’ingéniosité pour des résultats plus ou moins réussis.
Ce sont les propriétaires du snack-restaurant-pizzeria « la coryphène » à Saint-Pierre qui se lancent, il y a peu, dans la conception de cette nouvelle recette. Amateurs de guêpes, ils proposent, après quelques essais, leur recette à leurs clients. Si les avis sont partagés, il semble toutefois que cette pizza (à 18 euros tout de même) fasse des adeptes. Petit inconvénient, il faut commander la fameuse pizza aux larves de guêpes 24 heures à l’avance.
A chacun de tenter l’expérience (ou pas).
En attendant, si vous ne pouvez pas aller sur Saint-Pierre goûter la pizza aux larves de guêpes ou si vous préférez les pizzas maison, voici une recette toute simple élaborée et proposée par un internaute, qui avait envie de manger cette fameuse pizza.

PIZZA AUX LARVES DE GUÊPES
recette de Damien Belim

(Photo : Damien Belim)

Ingrédients
– Une pâte à pizza – de préférence faite maison
– 200 grammes de larves de guêpes fraîches ou congelées (à faire décongeler une dizaine de minutes)
– Une petite brique de crème fraîche liquide
– Un sachet d’emmental râpé
– Des olives noires.

Préparation
– Préchauffer le four à 200 degrés.
– Faire frire légèrement les larves de guêpes dans une poêle, avec un peu de sel.
– Etaler la pâte à pizza.
– La garnir de crème fraîche et rajouter les larves de guêpes.

(Photo : Damien Belim)

– Parsemer d’emmental râpé et d’olives noires.

 

(Photo : Damien Belim)

– Enfourner pendant 15 à 20 minutes.
– Laisser refroidir avant de déguster.

(Photo : Damien Belim)

BON APPETIT !!!

Riz chauffé… késako ?

A la réunion, il y a un « plat » que tout le monde aime bien c’est le… (suspens ! Roulements de tambour)… le… le… le riz chauffé ! LE QUOI? Le riz chauffé. Du riz réchauffé, quoi !

Alors ne cherchez pas la recette sur internet ou dans un livre de cuisine réunionnaise, car il n’y en a pas. Ou plutôt, il y autant de versions qu’il y a de cuisiniers ou de familles !
Donc, pour faire un bon riz chauffé, il faut prendre… du riz ! Oui, mais du riz de la veille (donc du riz qui a refroidi et que l’on va faire réchauffer… hé, hé, hé, c’est d’une logique implacable…) et des restes de la veille (carry poisson ou poulet, rougail saucisses ou morue, sauce de carry…).
Côté quantité, là non plus aucune indication. Il faut adapter la quantité des restes à la quantité de riz. C’est ce qui explique que chaque riz chauffé est unique et inimitable et… impossible à reproduire à l’identique. Car ici, il n’y a pas de liste d’ingrédients avec des quantités.

En tout cas, une chose est sûre, avec le riz chauffé, fini le gaspillage !

Bref, sortez de votre frigo, votre riz et les restes de votre carry de la veille – certaines personnes rajoutent des grains, alors que pour d’autres, cela serait un sacrilège ! C’est à vous de voir ! – et faîtes réchauffer dans une marmite ou, à défaut, une grande casserole. Si vous pouvez le faire au feu de bois, c’est encore mieux (mais je peux comprendre que cela ne soit pas évident, lorsque l’on vit dans un appartement).

Concernant le temps de réchauffage de votre préparation (pas toujours réussie, visuellement, j’en conviens), cela dépend de tout un chacun. Certains Réunionnais aiment le riz chauffé lorsqu’il est « croûté », c’est-à-dire qu’il a attaché au fond de la marmite, d’autres, pas. Donc, sur ce point, c’est encore à vous de voir ! N’oubliez pas de rajouter un petit piment, car qui dit cuisine réunionnaise, dit plats épicés.
Vous pouvez aussi accompagner votre riz chauffé d’un petit rougail concombre, tomate ou dakatine. Mais là encore, c’est… à vous de voir !

Vous commencez à comprendre le principe du riz chauffé, là ?

Certains tricheurs rajoutent des ingrédients qui ne sont pas forcément des restes (peut-être parce qu’ils n’ont pas suffisamment de restes de la veille…). Mais je vous rappelle que le riz chauffé est constitué à 100 % des restes de la veille ! On ne fait pas du riz cantonnais, non plus ! Après, si vous voulez vous rajouter quelques légumes, brèdes ou grains en accompagnements, c’est à vous de voir, mais sur le côté de l’assiette, hein ! Pas dans la marmite !
Un riz chauffé vraiment anti-gaspi, c’est celui fait avec les reste de la sauce du carry. Lorsque la veille, tout le carry a été mangé, il reste très souvent une bonne quantité de sauce au fond de la marmite. Surtout, ne la jetez pas et gardez-la pour vous préparer, dès le lendemain matin, un bon petit riz chauffé à la sauce de carry.
Dès le lendemain matin ? Eh, oui, car à la Réunion, traditionnellement, le riz chauffé se mange… au petit déjeuner !

Riz chauffé aux oeufs

Voilà un plat 100% anti-gaspi, économique, délicieux et traditionnel ! Que demander de plus ?
Alors à vous de jouer et… Bon appétit !

Le métissage est le futur du monde

Reza Deghati, photojournaliste au National Geographic sillonne à la planète depuis 35 ans, à la fois pour montrer des beautés présentes en chaque être humain que pour dénoncer les injustices. Ses photos connues dans le monde entier témoignent des différentes facettes de l’humanité.

Invité à venir animer des ateliers photographiques dans le sud de l’île, le photojournaliste s’est vu remettre la distinction d’ambassadeur d’honneur de La Réunion.

Le film « Futur : Reza et le futur du monde », tourné à la Réunion en 2016 et réalisé par Philippe Bonhomme fait l’éloge du vivre ensemble et du métissage. Reza Dhegati a trouvé en l’île de la Réunion une préfiguration du futur, loin des communautarismes et du repli sur soi. Pour le photojournaliste Franco-iranien, le monde de demain sera à l’image de la Réunion : un métissage d’ethnies et de couleurs de peau. La Réunion est à ses yeux un village universel, une terre de « paysages de visages ».
L’objectif de ce film est de lutter contre les ignorances et les peurs en mettant en valeur l’harmonie du métissage de la société réunionnaise.

Je vous propose le visionnage de la bande-annonce :

Pour découvrir les magnifiques photos de Reza, rendez-vous sur son site