« Batay coqs »

coq combattant

Pour la première fois de ma vie, je me suis rendue, à une « batay coqs ». J’appréhendais un peu car je ne suis pas du tout « fan » des combats entre animaux… Vais-je voir des animaux blessés, couverts de sang ?…

Tous les samedis, je passe près du gallodrome de Saint-Denis, mais jusqu’à présent, je ne m’y étais jamais arrêtée… Jusqu’à samedi dernier…

Une fois arrivée, il me semble ne voir que des hommes et aucune femme. Peut-être ne serais-je pas la bienvenue ?… Alors, j’envoie mon mari en éclaireur. Il n’y a en effet que des hommes qui sont présents : propriétaires de coqs et spectateurs. « Les femmes, elles aiment pas nous voir parier avec l’argent du ménage et puis elles s’ennuient ici. Elles sont trop sensibles aussi, elles aiment pas voir les combats… Vous pouvez prendre des photos, il y a souvent des touristes qui viennent… juste pour voir… nous, on est là tous les samedis après-midi » me répond le propriétaire du «rond de coq» lorsque je m’étonne de l’absence de femmes et que je lui demande si je peux assister au combat pour prendre des clichés.

« A la Réunion, il existe cinq ronds de coq légaux. Un à Saint-Denis, un au Port, un à Saint-Pierre, un à Saint-Benoît et un autre à Saint-André… mais il y a beaucoup de combats illégaux. Certains en organisent chez eux… il y a des paris, de l’argent… c’est tentant. En France, les combats d’animaux sont interdits, mais à la Réunion, les combats de coqs sont tolérés, dans ces cinq ronds légaux, parce que c’est une tradition locale ininterrompue. Mais il est interdit de créer de nouveaux ronds.» m’explique le propriétaire du rond de coq de Saint-Denis.

Lorsque je lui demande d’où vient cette tradition, il m’explique « ce sont sûrement les Indiens ou les Chinois qui ont amené les combats de coqs avec eux… on n’est pas sûr… Avant le propriétaire du rond c’était un Chinois. En Chine, les combats de coqs sont encore pratiqués, mais là-bas, ils mettent des lames aux ergots des coqs. Nous, ici, on fait pas ça. Avant un combat, les coqs sont pesés et mesurés afin de faire combattre des coqs de même poids et de même taille. Et on vérifie les ergots aussi. »

Aujourd’hui, il parait que je n’ai pas de chance – d’après le propriétaire du rond de coq – car il n’y a que trois coqs et ils ne peuvent pas combattre, car ils ont des poids et des tailles différentes « la meilleure saison pour les combats de coqs, c’est en juillet. Il peut y avoir jusqu’à 30 coqs qui attendent de combattre. On commence à 14 heures… et à 2 heures du matin, on est encore là ! Mais en ce moment, les coqs font leurs plumes. On ne les fait pas combattre. C’est pour ça qu’il y a peu de combattants aujourd’hui. »

coq de combat

Alors, les hommes patientent dans les gradins en discutant, d’autres font une partie de dominos pour tuer le temps ou boivent une bière à la buvette.
Ravi de trouver une oreille attentive et trop heureux de faire passer le temps, le propriétaire du rond de coq, décide de m’expliquer les règles du combat «Un combat dure deux heures. Mais il peut être arrêté par l’un des propriétaires s’il voit que son coq est en mauvaise posture. Il se met d’accord avec l’autre propriétaire et lui donne un billet. Si pendant le combat un des coqs sort du rond, il a perdu. Chaque coq a une façon différente de combattre. Certains fatiguent leurs adversaires, ce sont des «défileurs» , d’autres attaquent sur le côté, ce sont des «croiseurs». Il y a aussi les «cogneurs» . Eux ils attaquent de face leurs adversaires … Il n’y a pas de mise à mort… Les deux coqs sortent vivants des combats. Les spectateurs aussi peuvent se mettre d’accord pour parier sur un coq… Chacun met ce qu’il peut ou ce qu’il veut. Certains ne peuvent pas parier, mais ils apportent un coq qu’ils ont élevé et qu’ils ont entraîné au combat. Ils viennent dans le rond pour montrer de quoi est capable leur « champion »… Ils font ça en amateur, pour gagner une p’tite monnaie… Si le coq a un bon potentiel, il est repéré par un éleveur qui propose au propriétaire de l’acheter… »

Assis à une table, un homme tient contre lui un coq. Il attend l’arrivée incertaine d’autres coqs, pour éventuellement faire combattre le sien « Celui-là, il a quatorze mois. Un bon coq peut combattre jusqu’à trois ou quatre ans… maximum cinq ans… Après il arrête. Si c’était un bon combattant, on le met avec une bonne poule… Il sera reproducteur jusqu’à la fin… C’est une façon de le remercier pour l’argent qu’il a ramené… Les mauvais combattants, ils finissent en massalé !… Un bon coq de combat ça peut se vendre jusqu’à 5000 euros ! »

Je repars, certes un peu déçue de ne pas avoir pu faire de photos de coqs s’affrontant, mais en même temps, je suis soulagée de ne pas avoir dû assister à un combat.

Je vous laisse visionner ce petit documentaire :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s