Pirate des Mascareignes

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En furetant dans les rayons d’une librairie, j’ai découvert deux albums de bande dessinée (publiés chez les Editions Orphie) dont le héros est un pirate ayant sévi dans les Mascareignes et qui aurait même fait escale à l’île Bourbon.

BD Long Ben BD Long Ben 2

En les lisant, je me suis demandée si ce Long Ben avait vraiment existé ou s’il n’était qu’un personnage tout droit sorti de l’imagination des deux auteurs réunionnais, Sabine Vergoz-Thirel et Olivier Giraud ?

En faisant quelques recherches, j’ai découvert que ce Long Ben avait bel et bien existé. De son vrai nom, Henry Avery, ce pirate était aussi connu en tant que : Henry Every, John Avary, Benjamin Bridgeman et bien sûr Long Ben. Il serait né en 1665 à Plymouth, en Angleterre et se serait effectivement rendu sur l’île Bourbon.

Avery

En 1694 après une mutinerie, il s’empara du navire marchand anglais où il était le second, « Le Duke », et en prit le commandement. Il rebaptisa le navire « Le Fancy ». Avec deux autres navires pirates, il attaqua en 1695 un convoi de 25 navires qui se rendaient aux Indes. Leur incroyable butin fit d’eux des hommes riches.

Refusant de partager leur prise avec les autres navires pirates, Avery et son équipage décidèrent de leur fausser compagnie en pleine nuit et de trouver un endroit pour vivre une retraite dorée. Mais les hommes d’Avery, de différentes nationalités, ne parvinrent pas à se mettre d’accord sur le lieu.

Pavillon de Henry Avery

Avery et les hommes d’équipage anglais voulaient débarquer aux Bahamas, ce que refusèrent les Français et les Danois. Ceux-ci préféraient se rendre à Cayenne, ce que refusèrent les Anglais. Afin d’éviter une mutinerie, Avery fit débarquer, de gré ou de force, les Français et les Danois sur l’île Bourbon en novembre 1695, avant de repartir. Certains décidèrent de s’installer définitivement sur l’île, vivant dans l’abondance grâce à leur part de butin. D’autres décidèrent de construire un nouveau navire et continuèrent d’écumer les mers.

Le nom d’Avery m’a rappelé une petite anecdote… Il y a quelques années, un nouvel immeuble a été livré à quelques rues de chez moi. Il porte le nom de « Avry ». Mais un petit malin s’était amusé à écrire ceci sur la plaque :

panneau "Tex" Avery

 

J’avais trouvé cela si amusant que je n’avais pas pu m’empêcher de photographier le panneau (qui a d’ailleurs été très vite remplacé). Après toutes ces recherches sur Henry Avery, je me suis demandée si le nom de cette résidence avait un lien avec le pirate (après tout le nom du pirate est orthographié de différentes façons). Mais malgré de nouvelles recherches, je n’ai pu en avoir la confirmation…
Alors si quelqu’un a une information à ce sujet, qu’il laisse un petit commentaire 🙂

BONNE LECTURE !

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2 réflexions sur “Pirate des Mascareignes

  1. Pingback: Pirate de Mascareignes II | Bienvenue chez moi, à la Réunion !

  2. L’Isle de France fut régulièrement fréquentée par des pirates entre 1708 et 1722. Les plus connus ayant visité l’île étaient John Bowen, qui y fit naufrage, Thomas Howard, Nathaniel North, Thomas Collins, Christopher Condent, Jasper Seager, Olivier Levasseur dit La Buse, George Taylor, Edward England et James Plantain.

    John Bowen est natif des Bermudes. Après une carrière dans les Caraïbes, il débarqua dans l’Océan Indien où il fut capturé par des pirates français qui l’embarquèrent dans une campagne le long des côtes de l’Afrique de l’Est. Suite à un naufrage à Madagascar, il se refugia à la Baie de Saint-Augustin d’où il se lança dans une croisière en compagnie du pirate George Booth avec lequel il captura, en avril 1701, un négrier anglais, de 450 tonneaux et armé de 50 canons, Le Speaker. Ce navire fera naufrage dans l’est de Mauritius au mois de décembre 1701. Bowen sera de retour à Mauritius au mois de janvier 1704. En compagnie de 40 de ses compagnons, il se retirera à l’Ile Bourbon, en avril; il y décèda 6 mois après, sans postérité.

    Thomas Howard est né en Grande Bretagne; batelier de la Tamise, ayant ruiné sa mère, une veuve, il s’embarqua pour la Jamaïque où il devint pirate. Il fit ses premières armes aux Caraïbes où il apprit la technique du métier. En 1702, il était quartier-maître à bord d’un grand vaisseau portugais, l’Alexander, capturé sur la côte de Guinée. Le navire fit naufrage sur les côtes de Madagascar, prés d’un îlot de la côte ouest à 40 miles au nord de la baie de Saint- Augustin. Alors que l’équipage vidait le navire de sa cargaison, Howard s’entendit avec 11 hommes d’équipage; ils enlevèrent le trésor du bord et filèrent dans un canot. Après de nombreuses aventures, Howard s’établit dans la baie de Saint-Augustin où il s’empara d’un vaisseau de 36 canons, le Prosperous, avec le concours de l’équipage.
    Il se rendit à Mayotte où il rencontra le Speaker, de Bowen, avec qui il fit alliance, et ils effectuèrent, de concert, une campagne sur la côte de Malabar. Il était sur le Speaker lors de son naufrage à L’Isle de France. Il s’établit ultérieurement aux Indes et épousa une indienne; il maltraitait sa femme, et fut tué par ses beaux parents.

    Nathaniel North est natif des Bermudes, fils d’un scieur de long; à l’âge de 18 ans, il débuta sa carrière maritime sur des vaisseaux de la Royal Navy. Il fut cuisinier sur un corsaire, pirate et négrier. Vers 1700, il était à bord du navire pirate le Pélican pour une croisière dans l’Océan Indien. L’équipage avait décidé de ne s’attaquer qu’à des navires non européens, soit arabes et infidèles. Pieuse confrérie ou principes religieux, qui sait! Ils s’attaquèrent à la capitale de la Grande Comore, terre de l’Islam, mais les habitants s’étaient enfuis à l’arrivée du navire; puis ce fut L ’île de Mayotte où ils capturèrent le Sultan qui fut libéré contre rançon. Le Pélican fit une croisière en Mer Rouge où ils coururent en compagnie de 2 autres navires pirates, le Mocha, Capitaine Gulliford, et le Soldada, Capitaine Shivers. En route, ils abandonnèrent leur navire, le Pélican, à la dérive, pour une prise, le Dolphin, armée de 26 canons, et rentrèrent à Madagascar; là, suite à une méprise, le navire fut incendié à l’approche de 3 vaisseaux anglais venant offrir une offre de pardon, offre que de nombreux pirates acceptèrent et regagnèrent leur pays d’origine. North accepta le pardon mais s’en méfia; il se rendit à L ’île Sainte-Marie et, en route, il fit naufrage. Il passa une année avec les malgaches et s’embarqua sur le navire du Capitaine Bowen où il fut quartier maître. Il se lia d’amitié avec Bowen et Howard sur le vaisseau pirate le Speaker sur lequel il vint à Mauritius. Il succéda à Bowen comme capitaine. Il régna à Antanavoula, à Madagascar, durant de nombreuses années et fut assassiné par des indigènes, dans son lit, vers 1712.

    Thomas Collins était un gallois né à Pembroke. Il visita l’île, en 1703, sur le vaisseau l’Earl où il faisait office de charpentier. Suite au naufrage de l’Earl à Madagascar, il s’installa à Fort Dauphin avec une partie de l’équipage en rupture de ban. Il succéda, en 1707, au Roi Samuel comme chef des pirates dominant les tribus malgaches de la région. En 1718, il se retira à L ’île Sainte-Marie, haut lieu de la piraterie dans l’Océan Indien, où il mourut quelque temps après.

    Christopher Condent, alias Congdom, était de Plymouth en Grande Bretagne. Il pratiqua la piraterie aux Bermudes et s’attaqua principalement à des vaisseaux hollandais. Il arriva, vers 1720, à bord de son navire le Flying Dragon à L ’île Sainte-Marie de Madagascar. Après avoir fait des prises dans la région, il se rendit dans la Mer Rouge où il s’empara d’un vaisseau arabe ayant à son bord une cargaison d’une immense valeur. Devant une telle fortune, l’équipage décida de se retirer des affaires et Condent négocia une amnistie pour lui et 32 de ses hommes. Il s’installa à l’Ile Bourbon où il fonda une famille. Il rentrera en France et sera commerçant à Saint-Malo.
    L ’île Bourbon a recueilli de nombreux pirates qui s’y installèrent suite aux amnisties qui leur furent proposées et aux négociations directes menées avec les autorités locales, à l’insu de La Compagnie des Indes; par contre, il était officiellement interdit de commercer avec eux selon deux ordonnances datées du 18 janvier 1709 et du 15 juin 1711.
    Le fait même qu’on eut à renouveler l’ordre prouve qu’il n’avait pas été exécuté, car pour le gouverneur et les particuliers de l’île Bourbon, ce commerce interdit rapportait gros. En 1721, la Compagnie des Indes donna des instructions plus libérales et précises pour restreindre le commerce avec les pirates et on continua à leur fournir de l’eau et du bois contre paiement, mais aucun moyen de transport ne leur fut fourni.
    Il est fait mention, lors d’un recensement, de la présence dans l’île d’anciens pirates y résidant ou ayant fondé une famille. On relève les noms de Georges Noel et Thomas Crompton, tous deux natifs de Londres, Manuel de Cotte, américain, Patrick Droman, irlandais, John Grayle de Bristol, Christian Martin Alte de Spire, Jean Maguire, William Plantre, un anglais, Jean Yanze, hollandais, Adam Yanze d’ Ostende et H.G. Wildman, un allemand.

    Olivier Levasseur, dit La Buse, est né à Calais. Il fit équipe avec Seager et Taylor après la destitution d’Edward England et son abandon à l’Isle de France. Après la prise du vaisseau portugais du vice-roi le Virgen de Cabo, à l’île Bourbon, il s’installa à l’île Sainte-Marie où il se sépara de Taylor après avoir obtenu le vaisseau portugais qui se brisera sur les récifs à Madagascar. Il abandonna ses activités mais n’accepta pas, en 1724, l’amnistie offerte par le gouverneur de l’île Bourbon. Six années plus tard il fut capturé par le Capitaine l’Hermitte, commandant le navire la Méduse, conduit à l’île Bourbon où il fut jugé et condamné à être pendu. Lors de son exécution, il aurait jeté à la foule le plan d’un hypothétique trésor qui fait encore parler de lui de nos jours. L’exécution de La Buse à Saint-Denis marqua la fin de la piraterie dans l’Océan Indien.

    George Taylor, ancien lieutenant de la marine anglaise, était le capitaine du navire pirate le Victory, armé de 36 canons et portant un équipage 200 hommes alors que Jasper Seager était le capitaine du Fancy, ex-Cassandra, armé de 38 canons et portant un équipage 280 hommes. Ils étaient à l’époque sous le commandement d’Edward England qui fut destitué de son commandement. En 1721, en compagnie d’Olivier Levasseur dit La Buse, ils firent des prises valant de plus d’un million de livres. En 1722, ils s’attaquèrent au comptoir hollandais de la baie de Delagoa qu’ils ruinèrent. En 1723, il embarqua, avec une partie de ses hommes, pour l’Amérique où il obtint le pardon du Roi d’Espagne et prit du service dans la marine espagnole. George Taylor devint corsaire espagnol et s’attaqua aux vaisseaux anglais. Vingt ans plus tard, en 1744, il était à Cuba et vivotait, avec sa femme et 3 enfants, d’un petit commerce entre les îles.
    James Plantain était anglais, natif de Chocolate Hole de la Jamaïque. Il prit la mer à l’âge de 13 ans et servit sous les pirates John Williams, Roberts et England. Avec ce dernier, il visita la baie de SaintAugustin, la côte éthiopienne, la Mer Rouge et L ’île Sainte-Marie. Ils firent de nombreuses prises. Ayant été informés que le Commodore anglais Matthews et ses vaisseaux étaient à leur recherche, ils firent une visite à L ’île Maurice, en 1721, puis rentrèrent à Madagascar où ils se séparèrent et abandonnèrent la piraterie. Il se tailla un petit royaume à Madagascar, en moins de 2 ans, qu’il quitta pour se refugier aux Indes où il servit dans la flotte de l’Amiral indien Angria.

    Visite de navires pirates le Victory et la Cassandra et destitution d’Edward England.

    Edward England était contremaître sur un sloop de la Jamaïque et devint pirate puis capitaine, après sa capture par le pirate Winter. Il fut exclu d’une amnistie pour ses faits de piraterie et obligé de continuer ses coupables activités. Le 25 juillet 1720, il captura à L ’île Anjouan, après un dur combat, James Macrae, le futur gouverneur de Madras, et son navire la Cassandra et prit la décision de le libérer. Cette décision ne fut pas contestée par ses adjoints, Taylor et Seager, mais ils surent attendre leur heure. Le 25 février 1721, les 2 vaisseaux pirates, le Victory et la Cassandra arrivèrent à Mauritius où ils carénèrent et effectuèrent des réparations. Le travail terminé, l’équipage se mutina, les capitaines Taylor et Seager prirent le commandement et abandonnèrent sur l’île le Capitaine Edward England, dépossédé de son commandement avec 3 membres d’équipage qui lui étaient restés fidèles. Les navires levèrent les voiles le 15 avril. L’île était alors déserte, les hollandais l’ayant évacuée. Les pirates y vécurent de poisson et de porcs sauvages. England fut remplacé par Olivier Le Vasseur dit La Buse, qui prit le commandement du Victory et George Taylor passa sur la Cassandra qu’il renomma le Fancy. England construisit avec ses compagnons d’infortune une embarcation avec laquelle il réussit l’exploit de retourner à la Baie de Saint-Augustin, sur la côte est de Madagascar. Il vécut de charité et termina ses jours à L ’île de SainteMarie.

    Nos pirates, sur le Victory et le Fancy, se rendirent sur la côte de l’Inde où ils prirent des bâtiments maures; ils s’attaquèrent à l’une des îles Laquedives où ils maltraitèrent la population et détruisirent les villages. En route, ils furent poursuivis par une flotte anglaise sous le commandement du Capitaine James Macrae, leur ancien captif; ils réussiront néanmoins à s’échapper en naviguant vers le sud. Début mars 1721, ils arrivèrent à Mauritius où ils ne trouvèrent pas England. Après une escale de 2 mois, ils levèrent les voiles et laissèrent une inscription: Quitté cet endroit le 5 avril pour aller à Madagascar faire des prises. C’était une fausse destination vu qu’ils se rendaient à l’Ile Bourbon où ils aperçurent un grand navire démâté en rade de Saint-Denis et s’en emparèrent le 20 avril 1721. C’était le Virgen de Cabo ou Vierge du Cap, un vaisseau portugais de 800 tonneaux qui revenait des Indes avec à son bord le vice-roi, le Comte d’Eryceira et l’Archevêque de Goa, Don Sébastien de Addrado. Ce vaisseau, richement chargé, avait relâché dans l’île, le 6 avril précédant, pour réparer les dommages qu’il avait subi après avoir essuyé une violente tempête. Les pirates se rendirent à Saint-Paul où ils prirent un autre navire, propriété de la Compagnie d’Ostende nommé La Ville d’Ostende, en relâche depuis le 9 avril. Ce navire était de construction anglaise et portait précédamment le nom de Greyhound. Ils rentrèrent à Madagascar avec leurs prises où ils prirent, pillèrent et brulèrent, le 31 décembre 1721, un vaisseau de la Compagnie des Indes, La Duchesse de Noailles, capitaine Plattel. Une partie des pirates s’installa à Madagascar, les autres se rendirent en Amérique, échappant aux croisières britanniques. Selon une correspondance de la Compagnie des Indes, datée du 3 avril 1722, les vaisseaux pirates auraient cessé de fréquenter L’Isle de France lorsqu’on les eut autorisés à acheter des vivres à L ’île Bourbon.

    Extraits de Histoire Maritime de l’le Maurice 1500-1790 de Jean Marie Chelin

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